jeudi 29 octobre 2020

Décès d’Abdoul Mariga après son renvoi de Suisse

 

26.10.2020

Abdoul Mariga est décédé à l’hôpital de Conakry ce 17 octobre, probablement des suites d’une hépatite B.

Ce jeune homme âgé de 30 ans avait été renvoyé de Suisse par la contrainte le 6 novembre 2019, alors qu’il séjournait en Suisse depuis 10 ans, occupait un emploi au CHUV comme cuisinier, et avait à son actif un parcours d’intégration fulgurant et exemplaire. D’un coup l’exécution du renvoi a laissé son entourage dans le désarroi, a mis fin à tous ses projets de vie, et l’a mis en situation de danger pour sa sécurité et sa santé qui a conduit à sa mort.

Abdoul était arrivé à l’âge de 19 ans en Suisse. Malgré une décision négative et de renvoi, il est parvenu à rapidement apprendre le français, puis il a suivi une AFP (Attestation fédérale de formation professionnelle) pendant deux ans, qu’il a terminée avec succès. Il a ensuite été engagé comme apprenti au CHUV pour un CFC de cuisinier. Il a obtenu son Certificat et a été engagé de manière fixe. Son employeur le décrit comme un jeune homme exigeant, soigneux, respectueux, de très bonne sociabilité, apprécié de son entourage et investi dans son travail, « un collaborateur sur qui nous pouvons pleinement compter ».

D’après d’autres témoignages de ses proches et des personnes qui l’ont accompagné dans son parcours, Abdoul était persévérant, déterminé dans ses apprentissages et il a montré beaucoup de courage pour mener à bien sa formation professionnelle. Son intégration était considérée comme « remarquable », « exemplaire » et « exceptionnelle ».

Les autorités ont ignoré ce parcours méritoire et tous les efforts que le jeune avait accomplis pour construire, de sa propre volonté, une existence viable. Il n’avait aucune famille ici et ne pouvait compter que sur lui-même dans un premier temps, puis sur les personnes avec qui il avait créé des liens. Les autorités ont également ignoré l’avis et l’investissement de tous ceux qui le connaissaient personnellement et avaient exprimé leur attachement ou leur sympathie.

L’exécution du renvoi avait déjà laissé un grand vide et un sentiment d’injustice. Ce jeune n’avait rien à se reprocher et il avait trouvé sa place. Il n’y avait aucune raison de le renvoyer en Guinée.

Là-bas, il n’avait plus de famille. Il s’est retrouvé seul à Conakry sans logement et rapidement désargenté. Il a survécu sur place grâce à son dernier salaire du CHUV puis grâce à l’aide privée d’amis avec qui il était resté en contact. Ses conditions de vie étaient très difficiles et il n’a pas pu avoir accès aux soins médicaux. Il a été hospitalisé alors qu’il se trouvait au plus mal et est décédé quelques jours plus tard, seul, sans l’accompagnement d’aucun proche.

Cette terrible nouvelle nous laisse dans l’incompréhension et la colère, ainsi qu’une grande tristesse. Voici quelques mots d’Abdoul qui expliquait sa situation là-bas, et sa détresse :

« Ma santé ne va pas bien. Mes bras et mes jambes s’endorment. Ça a commencé pendant ma détention [en Suisse, avant l’exécution du renvoi] et maintenant c’est de plus en plus fréquent. J’ai des vertiges et parfois je perds l’équilibre et je tombe.

J’ai été à l’hôpital au début, mais je n’ai plus accès, faute d'argent. J’ai pris un traitement quelque temps, mais maintenant c’est fini, je n’ai plus de médicaments et plus de soins. Même me loger devient très difficile. Je suis là avec beaucoup d'angoisses parce que les prochains jours, je ne sais pas comment je vais être.

Je vis très difficilement ici et chaque fois que la police me contrôle, ils me prennent tout l'argent que j’ai sur moi. Chaque sortie est risquée et me faire perdre encore mes moyens pour vivre. Le ministre de la sécurité a refusé de me donner un document de circulation.

J’ai fait des démarches pour essayer d’obtenir des documents. J’ai été au tribunal de Dixinn au mois de décembre 2019 pour la nationalité. Ils m’ont dit qu’ils ne sont pas compétents pour gérer mon cas. Ils m’ont dit d’aller voir un notaire ce que j’ai fait. Ce dernier m’a dit que je ne peux pas avoir la nationalité et il m’a fait signer un acte de déclaration. Après je suis retourné au tribunal et ils m’ont dit d’aller au ministère de la Sécurité. J’y suis allé et j’ai été arrêté et auditionné. J'ai rencontré des membres de la direction. On m'a reconvoqué pour le lendemain pour me dire que je risquais d'être expulsé selon le Secrétaire général. Après plusieurs convocations et intimidations, j’ai dû prendre un avocat qui est intervenu. Ils m’ont demandé d’aller au ministère des Affaires étrangères.

Mon avocat a saisi la Présidente du Tribunal de première instance de Kaloum. Mardi 25 février à 9h j’ai été convoqué devant le juge du tribunal de Kaloum. Actuellement, la procédure n’a pas abouti et le Tribunal est fermé.

Toutes les autorités guinéennes à même de traiter mon cas ont été saisies. Je me suis rendu partout, mais on ne voulait pas me répondre ni m’écouter. J’ai dû payer un avocat pour faire les démarches, mais je n’ai plus d’argent.

Les autorités m’ont aussi demandé de retourner en Mauritanie. Je n’ai personne là-bas et je n’y ai même jamais habité.

Je suis malade je ne dors plus. Partout quand je vais dans les hôtels on me demande un passeport et si je sors pour manger, je risque de me faire arrêter par la police et racketter. Pour le logement, on me demande de payer 8 à 12 mois d’avance ce que je ne peux pas. Je suis complètement bouleversé, des fois, je ne mange pas. Je paie seulement l'hôtel. C'est trop difficile pour moi. »

Abdoul Mariga est décédé à l’hôpital de Conakry ce 17 octobre. Le collectif Droit de rester est triste et exprime sa sympathie aux proches d'Abdoul. Nous sommes également en colère. Sans ce renvoi décidé par le SEM, Abdoul Mariga serait certainement encore en vie, et travaillerait aujourd’hui encore au CHUV. 

(version actualisée du 10.12.20)

mercredi 28 octobre 2020

Manifestation contre les violences policières 31 octobre à 16h Lausanne

 Grande manifestation contre les violences policières
le samedi 31 octobre à 16h au départ de la place de l'Europe à Lausanne







 




mercredi 7 octobre 2020

Manif à Berne samedi 10 octobre: Nous avons de la place!

 

Il est urgent d'être beaucoup à la manifestation de samedi prochain à Berne. Organisée par Evacuer MAINTENANT,  www.evacuer-maintenant.ch/manif/ et soutenue par plusieurs autres organisations, cette manif se veut la démonstration que nous ne sommes pas d'accord avec la scandaleuse et inhumaine décision du Conseil Fédéral d'accepter seulement une vingtaine de mineurs provenant des camps de l'enfer des îles grecques.

Ce nombre indécent de réfugié.e.s accepté.e.s ne correspond pas à ce que nous toutes et tous désirons. Nous exigeons une Suisse plus ouverte et solidaire avec des être humains en détresse qui frappent aux portes de l'Europe.

Nous n'en voulons pas de l'arrogance inhumaine de Mme Keller Sutter. Dans les rues de Berne et tout le temps partout nous devons faire la démonstration que la politique ne se résume pas à mettre un bulletin de vote dans l'urne et à accepter ensuite toutes les décisions du Conseil Fédéral. Nous continuons à être politiquement présent.e.s dans la rue pour que les choix de la Suisse pour l'asile ne soient pas pris avec d'autres critères que ceux de la solidarité et du partage. La Suisse peut se le permettre et doit être un exemple aussi pour les autres pays.

Ne lâchons pas les dizaine de milliers de personnes qui ont besoin d'un bout de ce monde pour vivre décemment. Venez à Berne samedi prochain.

RENDEZ VOUS à LA GARE DE LAUSANNE SAMEDI 10 OCTOBRE à 13H POUR ENSEMBLE PRENDRE LE TRAIN DE 13h20.

mercredi 1 juillet 2020

MANIF ANTIRACISTE Contre les violences policières

3 juillet 2020 18h30

Quai Wilson Genève

MANIF ANTIRACISTE

Contre les violences policières


Centre Fédéraux d'Asile:

Agents de sécurité, état, police:

STOP aux violences!


mercredi 17 juin 2020

COVID-19 dans les foyers pour migrant·e·s : l’heure du bilan

La crise de la COVID-19 a profondément marqué la société, et a révélé des fractures importantes entre personnes privilégiées et celles précarisées. Les personnes sans statut légal se sont retrouvées subitement sans emploi et sans protection sociale. On n’a moins parlé des requérant·e·s d’asile, en procédure ou débouté·e·s, qui vivent dans des centre d’hébergement collectif.
Dans certains cantons, les autorités se sont assises sur leur devoir d’assistance, à tel point qu’une plainte pénale a même été adressées contre les responsables des centres de Zurich. Dans le canton de Vaud, la prise en charge sanitaire a été correcte, il n’y a pas eu de réelle explosion de cas dans un foyer, celles et ceux qui en avait besoin ont été soignés. Mais les mesures sans doute nécessaires pour lutter contre le virus ont eu des conséquences néfastes pour la vie dans les foyers, déjà difficiles sans la COVID-19.
Pour les résident·e·s des foyers, le confinement a amplifié les problèmes déjà existants : promiscuité, manque d’intimité, contrôle social exercé par le personnel de l’EVAM, notamment les agents de sécurité en uniforme. Le vrai problème ce n’est pas l’épidémie, mais l’existence même de foyers pour migrant·e·s.
En Suisse, les hébergement collectifs sont généralement prévus pour répondre aux besoins spécifiques d’une population : EMS pour les personnes âgées ou souffrant de grave troubles psychiques, foyers pour mineur-e-s en danger... Deux exceptions : la prison - pour des raisons pénales et les centres d’accueil pour migrant·e·s.
Dans le canton de Vaud, le cadre légal prévoit un hébergement collectif pour les personnes à l’ « aide d’urgence ». La visée est alors purement répressive. En fermant aux personnes déboutées de l’asile l’accès aux logements individuels (appartement), les autorités souhaitent les dissuader de s’installer en Suisse.
Pour celles et ceux qui sont au bénéfice d’un permis N (demande d’asile en cours) ou F (admission provisoire), le guide d’assistance de l’EVAM prévoit entre autres des critères tels que « l’existence d’un revenu stable », le « comportement, collaboration et intégration » et « l’aptitude à vivre en logement individuel ». Le préjugé sous-entendu est flagrant. Certain·e·s requérant·e·s d’asile sont perçu·e·s comme intrinsèquement ou culturellement inaptes à la vie normale dans notre société. La réalité démontre l’absurdité de cette position : Les personnes qui obtiennent le statut de réfugiés (permis B) sont prises en charge par le CSIR qui ne dispose d’aucun logement collectif. Sauf exceptions liées à leur état de santé, elles sont donc toutes logées en appartement indépendamment de la perception qu’on les autorités de leur « intégration » ou de leur « comportement ».Des milliers de bénéficiaires du Revenu d’Insertion (RI) vivent normalement en appartement sans bénéficier d’un revenu stable...
Les personnes logées en foyer sont soumises à un contrôle social accru. Des agents de sécurité en uniforme contrôlent les entrée et les sorties et peuvent effectuer des contrôle en chambre jour et nuit. Surtout ils rédigent d’innombrables rapports  « d’incivilités » dès qu’une personne hébergée s’écarte un tant soit peu d’une position de parfaite soumission. Ces rapports peuvent ensuite être utilisés pour justifier ad aeternam le maintien en foyer.
Les conflits sont bien entendu inévitables entres les personnes entassées dans les hébergements collectifs. Celles et ceux qui souffrent de troubles psychiatriques peuvent facilement décompenser et adoptent parfois un comportement violent. Mais ces problématiques sont prises en charge, plus ou moins heureusement, par le personnel de l’EVAM. Les personnes qui habitent dans les foyers ne sont pas consultées, elles ne peuvent que subir sans avoir le droit d’agir.
L’hébergement en foyer constitue donc la parfaite illustration de la discrimination envers les requérants d’asile : jugé·e·s culturellement inadapté·e·s, trop agité·e·s, trop sal·e·s pour vivre normalement en appartement. Le foyer pour migrants est également le lieu où cette discrimination trouve sa justification : les résidents sont sous observation quasi-permanente du personnel de l’EVAM. Dans de telles conditions tout comportement peut être relevé et interprété comme une contre-indication à la vie en appartement.
Il s’agit d’une politique assumée par l’Etat : L’EVAM a des appartements à disposition mais résilie de manière anticipée ses baux immobiliers...

Nous exigeons  la fermeture de tous les foyers EVAM destinés spécifiquement aux migrant-es et leur relogement dans des appartement décents !

Quand j’avais un papier blanc (l’aide d’urgence), l’EVAM me disait : « il faut avoir un permis F ou B pour avoir un appartement ». Quand j’ai eu un permis F, ils m’ont dit « il faut avoir un travail pour avoir un appartement ». Mais c’est impossible de trouver du travail en vivant dans un foyer, il y a toujours du bruit, toujours des problèmes, on ne peut pas se reposer. L’EVAM veut nous garder dans les foyers pour nous contrôler et qu’on ne puisse pas s’intégrer. Ça fait huit ans que je suis en Suisse, toujours dans des foyers. Je voudrais une vie normale.I.F. 31 ans
Je vis avec mon fils de 4 ans dans une pièce de 12m2. Pendant le confinement, nous nous étions organisé avec une autre famille pour nous occuper à tour de rôle de nos enfants. Parfois la journée, ils jouaient sous la surveillance d’un adulte dans le couloir entre les chambres. On ne pouvait pas aller dans les parcs et les enfants ont besoin de se dépenser. Un Securitas nous a dit que nos enfants n’étaient pas sages, que j’étais une mauvaise mère et que le SPJ allait me prendre mon fils !K. S. 38 ans

jeudi 28 mai 2020

Nous dénonçons!



Alors que le Conseil fédéral exhorte la population à garder ses distances, les habitant-e-s des centres d’asile vivent toujours dans des conditions indignes et des espaces restreints.
Signez maintenant le manifeste “Nous dénonçons” ! Cela permettra d’augmenter la pression sur les autorités pour qu’elles cessent de traiter les exilé-e-s comme des êtres humains de seconde classe.

Site de la campagne: http://www.wir-klagen-an.ch/fr

mercredi 20 mai 2020

Coronavirus : Appel des femmes sans-papiers*


Face à cette crise sanitaire les conditions de vie des personnes sans permis de séjour sont chaque jour plus précaires. Pour éviter la propagation du virus COVID19, la Suisse a décrété le 13 mars le « semi- confinement », avec des mesures de prévention strictes comme la fermeture des écoles, des commerces, l’arrêt de travail immédiat des entreprises et des fonctionnaires de l’Etat, à l’exception du travail dit aujourd’hui indispensable (caissières, infirmières, ramassage des ordures, etc., soit ces emplois qui maintiennent le pays en état de marche). Pendant ce temps, nous les femmes sans papiers, en majorité travailleuses de l’économie domestique (ménage, garde d’enfants, soins aux personnes âgées, etc.), nous retrouvons à travailler pendant cette crise dans des foyers qui appliquent les mesures de confinement pour leur propre sécurité, pendant que nous risquons notre vie et celle de nos familles en devenant des vecteurs de contagion. Certaines d’entre nous se retrouvent aussi sans travail, licenciées par nos employeurs de manière arbitraire et sans préavis, et sans prise en compte de la relation de travail qui existait jusqu’alors. Notre travail, indispensable pour certaines familles mais déconsidéré par la société dans son ensemble, se fait souvent sans contrat, et même quand il y en a un, nous ne pouvons pas faire valoir nos droits au travail en raison de notre condition. Pendant cette crise, les travailleurs en Suisse vont recevoir leur salaire, pouvoir faire face aux coûts de cet arrêt de travail ou bénéficier des aides sociales que fournit l’Etat. Nous, nous dépendons de la
« bonne volonté » de nos employeurs pour toucher notre salaire, ou du moins une partie de celui-ci,
ou alors rien… et il ne nous reste qu’à accepter la charité face à cette absence de justice.
Nous les femmes sans papiers sommes cheffes de familles, souvent le seul soutien sur lequel nos familles peuvent compter. La précarisation de notre travail s’aggrave avec cette crise, notre situation économique en est affectée, il devient difficile d’assurer l’alimentation et les loisirs de nos enfants, nous risquons de nous endetter ou de tomber aux poursuites pour non-paiement des factures de services des base, des primes d’assurance maladie, de loyer, et de perdre par conséquent la possibilité d’obtenir un jour un permis de séjour. Parce que bien que nous participions activement à la société suisse et y contribuions non seulement économiquement par notre travail, mais également à travers l’aide que nous offrons aux familles et en particulier aux femmes dans leurs foyers, nous sommes invisibles pour l’Etat et pour les citoyens.
Mais la privation de nos droits affecte aujourd’hui non seulement nous-mêmes et nos familles, mais aussi l’ensemble de la population suisse. Nous sommes en train de devenir des sources de contagion. Les déplacements quotidiens, nécessaires pour exercer notre travail, et l’exercice même de ce dernier nous exposent à tous et mettent en évidence l’absence de protection sanitaire avec laquelle nous vivons au quotidien, parce que l’accès à la santé et aux informations de prévention sont limités. Pendant cette crise sanitaire mondiale on nous a dit que nous devions nous attendre à la mort des personnes les plus âgées, de celles qui souffraient déjà d’autres pathologies, de celles qui sont malades, de celle qui sont le plus vulnérables. Ce qu’on ne nous a pas dit, c’est que ces personnes les plus vulnérables ce sont nous, les personnes les plus pauvres, les personnes âgées les plus pauvres, les pauvres qui souffraient déjà d’autres pathologies, les pauvres qui étaient déjà malades.
La Suisse, pays de défense des droits humains, ne peut se permettre de risquer la vie et les moyens de subsistance des plus vulnérables. Nous lançons un appel aux associations, syndicats, ONGs, institutions, collectifs citoyens, et à tous ceux qui défendent les droits humains pour qu’ils se

prononcent contre l’injustice à laquelle nous, travailleuses sans papiers et nos familles, sommes
soumises. Nous vous appelons à soutenir nos revendications, listées ci-dessous :

-        Révision et assouplissement des critères de régularisation pendant cette crise sanitaire mondiale.
-        Arrêt de la criminalisation des personnes sans permis de séjour.
-        Respect des droits humains et fondamentaux.
-        Respect et application des droits des enfants.
-        Obligation pour les employeurs de verser intégralement le salaire prévu avant le confinement et pendant toute la durée de la crise.
-        Arrêt de la criminalisation et dépénalisation des personnes qui se montrent solidaires et apportent leur aide aux personnes sans permis de séjour.
-        Droit au subside cantonal d’assurance maladie pour les adultes sans statut légal et accès aux soins garanti.
Où sont les valeurs d’un pays qui criminalise et punit la solidarité ? Nous les invisibles, les oubliées, les clandestines, les travailleuses, les sans-droits, remercions toutes les personnes qui, sachant les risques, nous soutiennent et nous aident en ces temps de crise. Parce que pendant que chaque soir à 21h, la population applaudit et remercie tous les travailleurs et travailleuses que jusqu’alors elle ne regardait même pas dans les yeux pour dire bonjour, nous nous continuons de penser à comment payer les factures, comment nous occuper de nos enfants, et comment survivre de jour en jour en pleine incertitude.
Genève, avril 2020 (traduit de l’espagnol par le CCSI)


* Collectif de femmes sans-papiers de Genève
Nous sommes un groupe de femmes de pays du tiers-monde, résidentes sans statut légal en Suisse, travailleuses, mères et cheffes de famille. Le Collectif s’est formé à l’occasion de la Grève des femmes de juin 2019, dans l’idée de créer un réseau de soutien entre nous et de chercher à revendiquer nos droits quasi-inexistants, avec l’appui du Centre de contact Suisses-Immigrés (CCSI).