lundi 4 juillet 2022

Loi ou privilège?

En 2021, une seule personne a obtenu sa régularisation sous l’angle de l’article 14 LAsi sur le canton de Vaud.
Les lois qui ne s’appliquent qu’à une seule personne ne sont pas des lois mais des privilèges.

Les privilèges sont accordés par les souverains despotiques selon des critères non transparents, non discutables, et des préférences personnelles.

Lors de la mise en œuvre de l’article 14 LAsi, le SPOP ne respecte ni la loi, ni l’Etat de droit, ni la démocratie. Le but de l’article 14 LAsi est de régulariser les requérants d’asile qui séjournent en Suisse depuis plus de 5 ans et sont bien intégrés.

En donnant une interprétation si restrictive à la notion d’intégration, au point qu’une seule personne a pu être régularisée en 2021, et guère plus les années précédentes, le SPOP s’arroge un pouvoir souverain despotique, qui n’est pas prévu par la loi, ni par la Constitution. L’exercice de ce pouvoir est contraire à l’Etat de droit, au principe de l’activité administrative guidée et encadrée par la loi, qui respecte les objectifs de la loi, et qui met effectivement en œuvre ses prescriptions.

lundi 13 juin 2022

EVAM: Des familles sans eau chaude depuis 9 mois

 

09.06.2022 Au centre EVAM de Lucens, treize appartements sont privés d’eau chaude depuis 9 mois. Ce sont ainsi treize familles, 25 adultes et 29 enfants qui ne peuvent plus se laver qu’à l’eau froide depuis des mois et qui se plaignent d’avoir froid et d’être malades. Les familles ont demandé de manière insistante à la personne responsable de leur logement de faire le nécessaire pour qu’il soit procédé aux réparations, mais soit on ne leur répond pas, soit on leur dit d’attendre. Une enquête de salubrité à eu lieu en mai qui a constaté l’insalubrité du logement par manque d’eau chaude, mais les réparations ne sont toujours pas organisées. Les familles sont laissées dans le désarroi et dans des conditions de vie difficiles à supporter, qui affectent leur santé.

jeudi 5 mai 2022

"Frontex: quelle politique aux frontières de l'Europe?" 6 mai 19h

 Le 15 mai prochain le peuple suisse votera sur l'augmentation de la contribution suisse au budget de Frontex qui passera de 24 millions de CHF en 2021 à 61 millions en 2027. C'est quoi Frontex ? C'est l'agence européenne de garde-frontières et garde-côtes, qui se trouve actuellement sous le feu des critiques pour son rôle dans des violations des droits fondamentaux des exilé·e·s aux frontières externes de l'Europe. La guerre en Ukraine, qui a forcé des millions de personnes à fuir vers les pays européens voisins, rend la question de la gestion des frontières et de la politique migratoire européenne d'autant plus actuelle. Comment les frontières externes sont-elles gérées ? Et quel est le rôle de Frontex et de la Suisse là-dedans? Pourquoi le référendum contre l'augmentation de la contribution suisse a-t-il été lancé et quelles seraient les conséquences d'un NON le 15 mai?

Pour apporter des éléments de réponses à ces questions, Droit de rester, en collaboration avec Solidarité sans frontières, vous invitent à une soirée de discussion autour des enjeux de la votation sur Frontex et sur la nécessité de repenser la politique migratoire européenne, ainsi que le rôle de la Suisse dans celle-ci.


vendredi 6 mai à 19h à Lausanne: 

Conférence, échanges et témoignages "Frontex: quelle politique aux frontières de l'Europe?" en collaboration avec Droit de rester et Solidarité sans frontières


Avec des interventions de :

 

Ada Marra, Conseillère nationale, Parti Socialiste

Kiri Santer, chercheuse en migration, Université de Berne

Guy Zurkinden, Rédacteur du journal "Services Publics", SSP 

Gouled Moussa Daher, réfugié somalien, interprète communautaire

Graziella de Coulon, militante pour le droit d'asile, Droit de rester

 

Modération: Sophie Guignard, secrétaire générale Solidarité sans frontières


Lieu de l'évènement: Pôle Sud, salle Gibraltar (rez à gauche)
Adresse: av. J.J. Mercier 3, 1003 Lausanne 

lundi 2 mai 2022

Stop Frontex! Dernière ligne droite

 Parmi les événements dans la campagne No Frontex, votation le 15 mai prochain, à laquelle nous appelons à voter NON: 


Jeudi 5mai, 20h, au Zinema: 

Samos-The Faces of our Border / film & discussion

Suivi d'une discussion avec
CARINE CARVALHO ARRUDA, Députée au Grand Conseil vaudois, spécialiste égalité et diversité
NICOLAS WALDER, Conseiller national Genève, membre de la commission des affaires juridiques et de la commission de politique extérieure
SAMSON YEMANE, Conseiller communal, Lausanne
Modération: EMMANUEL DEONNA, journaliste et critique indépendant, Député au Grand Conseil genevois

"Samos, the Faces of our Border" donne un aperçu des politiques européennes qui ont conduit à la crise humanitaire et migratoire aux portes de l’Europe au travers d’interviews de personnes vivant dans et autour du camp de réfugié-es de Samos en Grèce. Ce camp, construit pour 600 personnes, en accueillait plus de 6'000 dans des conditions insalubres en 2019.


Le 15 mai prochain, le peuple suisse votera au sujet de l'augmentation de la contribution financière suisse à Frontex, l'agence européenne des gardes-frontières et gardes-côtes, qui passerait de 24 à 61 millions de francs suisses.
Date:
 
Jeudi, 05.05.2022 20:00

Lieu de l'évènement:
 
Zinema
Adresse:
 
Rue du Maupas 4, 1004 Lausanne

mardi 5 avril 2022

L’aide d’urgence n’est pas un droit

 5 avril 2022                        

Le Conseil fédéral écrivait en 2003, dans son rapport sur la nouvelle loi qui allait entrer en vigueur en 2004, que l’aide d’urgence a pour but « d’inciter les requérants d’asile déboutés à quitter la Suisse ».

Dit autrement, il s’agit de les décourager, les démoraliser et les désécuriser, en faisant pression sur eux pour qu’ils renoncent à rester ici, parce que leur vie devient insupportable.

La vie est insupportable notamment lorsqu’on est privé de sa liberté et de son autonomie, de la faculté de se construire et de se développer soi-même, et lorsqu’on se sent inutile au monde, parce qu’on n’y a pas de rôle ni de place.

Pour rendre cette vie insupportable, les autorités organisent premièrement la désocialisation des personnes, deuxièmement effacent leur individualité, et troisièmement écrasent leur sphère privée ou intime.

1. Premièrement, la désocialisation organisée, ce sont toutes les mesures qui empêchent de maintenir ou de créer des liens sociaux. Par exemple, le regroupement des personnes à l’aide d’urgence dans des centres d’hébergement collectifs, spécialement dédiés à cette population. Ou encore, la paupérisation extrême, puisque les gens ne reçoivent pas d’argent en espèces, mais des colis alimentaires et des produits d’hygiène. Ils ne sont pas autorisé.e.s à travailler, bien sûr. Le manque d’argent empêche d’entreprendre des activités, et limite aussi considérablement les déplacements.

La jurisprudence du Tribunal fédéral dit qu’iles n’ont pas le droit de créer des liens sociaux, ou qu’iles n’ont pas besoin de créer ces liens, parce qu’iles doivent bientôt quitter le pays. Dans un autre arrêt, le Tribunal fédéral a considéré qu’iles n’ont pas le droit de faire du bénévolat, qu’iles ont l’obligation de rester inactif.e.s.

La désocialisation entraîne une forte dépendance à l’autorité qui délivre l’aide d’urgence. Les autorités cherchent ainsi à prendre le contrôle de la vie de ces personnes.

2. Deuxièmement, effacer l’individualité ou les particularités de chacun, cela, c’est la façon dont on définit les prestations dans l’aide d’urgence, qui sont : un endroit où dormir à l’abri, la distribution de colis alimentaires à hauteur de 8 frs par jour et par personne, et l’accès aux soins médicaux, plus encore 50 frs par enfant à la rentrée scolaire.

Dit comme cela, on voit que toutes les personnes visées par ces mesures sont uniformes, elles ont les mêmes besoins et elles ne se distinguent pas les unes des autres. Leur vie est définie de manière générique et extrêmement restreinte. Une personne âgée ou handicapée qui a des besoins d’aménagements, une mère seule avec deux jeunes enfants qui a besoin d’espace privé réservé à la famille, une adolescente au gymnase qui a besoin d’argent pour sortir avec ses copines, une personne traumatisée qui a des besoins de sécurité particuliers, ces gens-là doivent s’adapter aux prestations fixes de l’aide d’urgence. Elles doivent réduire leur individualité et endurer des épreuves de survie particulièrement contraignantes.

3. Troisièmement, les mesures d’aide d’urgence entraînent l’écrasement de la sphère privée. Le domicile, a déclaré un journaliste soudanais interviewé Anne-Claire ADET, dans son film « Bunker »[1], le domicile est « le lieu d’où on construit des choses ». Cet espace à soi, les personnes à l’aide d’urgence n’y ont pas droit. Iles habitent dans les locaux de l’autorité, qui leur attribue une place dans une chambre moche, prémeublée sommairement, en situation de surpeuplement, toute la famille dans une seule pièce, et les célibataires regroupés entre eux dans des dortoirs communs. L’espace y est étroit, il n’y a pas de place pour se déplacer, et chaque activité de la journée est une montagne à gravir. Prendre le repas sur une toute petite table par exemple : il faut déplacer la table calée contre le mur, s’efforcer d’arranger les chaises autour dans les interstices entre les lits, la porte et le frigo, et veiller à ce que chaque chose à poser sur la table n’en fasse pas tomber une autre. Après la vaisselle, les ustensiles sont rangés sous le lit parce qu’il n’y a pas assez de place dans le placard.


Nos autorités, le Conseil fédéral et le Tribunal fédéral, dès le début et encore maintenant, affirment que l’aide d’urgence est le bénéfice du droit fondamental au minimum vital. Il y a une immense hypocrisie derrière cette affirmation. La loi elle-même est hypocrite en reprenant ce discours, qui est une construction politique. Les mesures d’aide d’urgence en réalité organisent la discrimination d’un groupe de personnes désignées par l’étiquette « requérant.e d’asile débouté.e ». L’aide d’urgence doit inciter à quitter la Suisse. Elle consiste en un ensemble de mesures de contrainte, qui privent les personnes de leurs libertés, et de leurs droits fondamentaux.

Dans une perspective de lutte contre les mesures d’aide d’urgence, sous l’angle politique, pour rétablir les bases de la négociation ou de la discussion, il ne faut plus laisser les autorités continuer à affirmer que l’aide d’urgence est un droit. L’aide d’urgence est un ensemble de mesures d’accompagnement à l’exécution du renvoi, qui font partie intégrante de la décision de renvoi de Suisse, par lesquelles les autorités imposent une désocialisation forcée, et discrimine les requérant.e.s d’asile.

 

Pour citer ou reproduire cet article : L’aide d’urgence n’est pas un droit, publié sur le site de Droit de rester pour tou.te.s, avril 2022, http://droit-de-rester.blogspot.com/

jeudi 24 mars 2022

Manifestation 2 avril Justice pour Nzoy

 




Par le collectif Outrage, extrait de leur texte

Manifestation justice pour Nzoy 2 avril 14h Lausanne


Le 30 août 2021, la police tuait une fois de plus dans le canton de Vaud. Roger « Nzoy » Wilhelm, un homme noir de 37 ans, est resté quatre minutes au sol sans assistance après avoir été touché de trois balles tirées par un agent. Suite à la publication de vidéos prises par des témoins, la police a fait évoluer sa version des faits, dont l’énormité du mensonge était trop flagrante. Elle maintient que ses hommes ont agi en état de légitime défense. L’agent qui a blessé Nzoy et l’a laissé succomber à ses blessures, ainsi que les collègues qui l’accompagnaient, sont toujours en poste et en uniforme. L’instruction est en cours.

MANIFESTATION LE 2 AVRIL 2022, 14H À LA GARE DE LAUSANNE

En quatre ans et demi, quatre hommes noirs sont morts sous les balles ou entre les mains de la police : en 2016, Hervé Mandundu, en 2017, Lamine Fatty et en 2018, Mike Ben Peter. Jugé dernièrement, le meurtrier d’Hervé a non seulement été blanchi par la justice, mais a aussi reçu une récompense pour l’ensemble de sa carrière. Le Ministère public vaudois a fait, dans chacun de ces cas, preuve d’une partialité flagrante et les tribunaux ont suivi.

Depuis la mort de Nzoy, les médias vaudois n’ont cessé de donner la parole aux institutions judiciaires et policières. Ils permettent ainsi que la thèse de la légitime défense s’impose dans les esprits pour préparer un nouvel acquittement. La manière dont sont traitées les affaires impliquant des policiers dans le canton de Vaud montre une véritable connivence entre la police, le Ministère public et les juges. Cette situation ne peut que conduire à de nouveaux dénis de justice (qui confirment l’impunité dont bénéficient les agents de police) et à de nouvelles tragédies. 

Il n’y a aucune certitude aujourd’hui que l’instruction en cours ne débouche sur un procès. S’il a lieu, tout est réuni pour qu’il ne soit pas équitable. Il faut s’attendre à ce que les tribunaux, une nouvelle fois, approuvent le procureur et prennent le parti d’une défense inconditionnelle des policiers, au mépris des proches des victimes et de la réalité des faits. 

Pour que ce nouveau meurtre raciste ne tombe dans un oubli qui profite à ceux qui l’ont commis, Pour mettre la pression sur l’institution judiciaire, afin que l’instruction se poursuive et aboutisse à un procès, Pour que ce procès pointe les responsabilités des meurtriers et de l’institution policière dans son ensemble, 

Manifestons ensemble contre les meurtres et l’impunité policière, Exigeons une justice pour Nzoy et les autres.


ORGANISATIONS SIGNATAIRES :

Action Antifasciste Genève
A qui le tour ?
AJP-Uni - Association des Juristes et étudiant.e.x.s progressistes de l’Université de Genève
ALJF - Lausanne
Allianz gegen Racial Profiling
Arbeitsgruppe Polizeikontrollen der Sans-Papiers-Kollektive Basel
Asile LGBT
Association des Juristes Progressistes Genève
BDS Genève
Collectif Afroféministe Amani
Collectif Afro-Swiss
Collectif Kiboko
Collectif Porno Diesel
Collectif pour la mémoire - Neuchâtel
Collectif réflexion décoloniale
Collectif Safro
Collectif Sans-Papiers Basel
Collectif Sud global
CUAE
DIAC Genève
Droit de rester Vaud
Droit de rester Neuchâtel
Droit de rester Fribourg
Dynamic Wisdom
Espace autogéré
Fédération anarchiste de Haute-Savoie
Fédération libertaire des montagnes
Feministischer Streik Zürich
Foulards violets
Grève climat Genève
Grève climat Vaud
Grève féministe (Coordination romande)
Groupe Anti-répression Genève
Groupe Anti-répression Vaud
Gruppe für eine antikapitalistische Praxis, Zürich
IKEKE Lausanne
Jean Dutoit
Jeunes vertexs Vaud
Jeunes POP Genève
Jeunesse socialiste GE
Jeunesse socialiste suisse
Jeunesse solidaire
Jupiter Collective
Juristes critiques Fribourg
Kam’af
Kleinbasel solidarisch
La bise (Bienne)
La CAP
La Hache
La Ligue Suisse des droits humains - Section Genève
La Maraude
La Molène
La Néomartine
La Solitaire, maison collective
Le Nadir
Le Silure Genève
Le Sleep-In
Les Orchidées / ZAD de la Colline
LibRadio
LinkePOC
Loose Antenna
Lotta. Organisiert kämpfen
Maison collective de Malagnou
Migrantifa Basel
Outrage
POP Genève
POP Lausanne
Printemps du CARE
Rainbow Spot (Lausanne)
Resistiamo Lugano
Radio 40
Reprenons la ville
Sapphikstorm
SIT - Syndicat interprofessionnel de travailleuses et travailleurs
SolidaritéS Vaud
Solidarité Tattes
Stop Isolation
SUD étudiant-es et précaires
Union communiste libertaire Romandie
Wir bleiben alle (ZH)
XR Lausanne
Zooscope


Liste à jour et plus d'info: renverse.co

lundi 21 février 2022

Signez la lettre ouverte des cellules de rétention sous les rails

 La lettre ouverte qui a circulé la semaine passée pour dénoncer le projet de créer un immense centre des forces de l'ordre dans la future gare de Lausanne a rencontré un soutien considérable! Il y a donc désormais une pétition lancée par la coordination contre les renvois, dont on fait partie, et vous pouvez la signer en ligne ici. 


jeudi 17 février 2022

Lettre ouverte: Des cellules de rétention sous les rails

Nous relayons ici une lettre ouverte, qui circule depuis lundi à l'initiative de la coordination contre les renvois. 49 personnalités des milieux culturels, politiques et associatifs l'ont signée pour exiger l'arrêt de ce projet qui va à l'encontre de la fonction première d'une gare, lieu d'échanges et d'ouverture sur le monde.

***
(les signatures individuelles ne sont plus mises à jour depuis le 17 février. Pour signer, c'est ici)

Des cellules de rétention sous les rails

 
Une gare, c'est quoi ?
 
C'est un possible infini de rencontre, un lieu qui n'appartient à personne, un lieu l'on arrive, un lieu tout peut commencer. Combien de fois dans l’Histoire, les gares ont-elles été des portes ouvertes pour des populations en errance fuyant la guerre ou chassées de chez elle par des jeux géopolitiques qui leur ordonnaient de quitter leur maison ? Combien de vies ont recommencé dans un hall de gare ? Combien de vies se sont croisées dans ces espaces de pur mouvement ? Le monde se croise là et c'est une chose précieuse.
 
Aujourd'hui Lausanne est en travaux, des grues de toutes parts, on invente un  nouveau  visage,  on  s'enivre d'ambitions, de pôle muséal, de nouvelles places publiques vont sortir de terre. Au milieu, cette nouvelle gare qui va voir le jour. Assez classieuse elle aussi, on sort du langage de province, on cherche à lui donner toutes les tailles : humaine dans son contact avec la rue du Simplon, urbaine au nord et celle d'une ville en pleine croissance, qui craque un peu dans ces vêtements en son centre. On pousse les murs, on surélève la marquise historique. On laisse la place pour accueillir le grand flux grisant de cet arc lémanique en plein âge d'or.
 
On laisse la place, mais les chemins sont balisés. On laisse la place, mais on projette déjà celle de ceux qui n'en ont pas. Derrière cette figure de porte se cache celle d'une impasse. On laisse la place, mais seulement pour certains. Les “autres” suivront le chemin qu'on leur a dessiné. Prendront la porte qui les attend, suivront des couloirs habilement localisés, des parcours qui se veulent discrets. Ces autres seront soustrait∙es au grand brouhaha et seront conduit∙es au cœur de la gare dans des cellules de rétention.
 
Un centre de sécurité est en train de se projeter en plein cœur de la gare de Lausanne: plus de 3000m2 de surface dédiée à la police cantonale et aux douanes notamment.
Pratique,  il  n’y  aura  plus  qu’à cueillir  tranquillement  ceux  qui  se  croyaient  le  droit  d'être  arrivés.  Des cellules de rétention et des salles d’audition. Des espaces plus qu’exigus sans aucune vue sur l'extérieur au fond d'un long couloir sous les rails. La belle porte d'entrée que voilà!
 
Dans cette Europe qui organise avec tant de tact pour les nantis l'externalisation de ses frontières, Lausanne, la bonne ville de gauche, entre pittoresque, université et grève du climat, n'y voit rien à redire. Lausanne, comme quelques consœurs de charme sur les rives du Léman, s'est pourtant déjà illustrée grâce à sa police comme détentrice d'une éthique et d'un sens de l'ouverture à géométrie variable. Rappelons Mike mort sous les coups de la police à 300 m de la gare de Lausanne il y a 4 ans. Rappelons Lamin mort dans sa cellule de rétention sans que personne ne s'en aperçoive. Il est si facile de cacher ces erreurs quand les espaces sont déjà agencés pour les faire disparaître. Il est si facile de fermer les yeux quand il n'y aura rien à voir. Personne à rencontrer pour secouer nos idées reçues, personne qui pourra par son regard nous rappeler l'autre monde, celui d'où il vient. Personne aussi pour témoigner de la violence faite à leur accueil et à leur existence. Une gare faite de gens d'ici...
 
La Gare de Lausanne ainsi projetée, participe du même effort de tact que les centres fédéraux d’asile, du même zèle d'efficacité que les patrouilles libyennes sillonnant les mers. Il n'a pas suffi aux Européen.nes et aux Suisse∙sses d'être entaché∙es par Frontex, les prisons libyennes, les accords de Dublin, les
centres fédéraux d’asile, les zones de détention installées dans les aéroports. Maintenant, c'est à la gare de Lausanne à laquelle il nous faudra penser lorsque les mots indignité, racisme, violence étatique, crime occidental raisonneront dans nos têtes face à la misère du monde.
 
Sous la terre, quelques dizaines de mètres au sud des grandes salles d'exposition de Plateforme 10, les cellules de rétention. En regardant s'étaler la belle sensibilité créative des artistes contemporains,
entendrons-nous le murmure, les prières et les cris de ceux et celles qui sous nos pieds, se croyant arrivé.es... chutent? Non.
 
Nous, actrices et acteurs du monde politique et culturel vaudois soussigné∙e∙x∙s, demandons à la Ville de Lausanne, au Canton de Vaud, aux CFF et à la Confédération d’utiliser tous les moyens possibles pour ne pas réaliser ce centre de sécurité. Ne faisons pas de la gare de Lausanne une prison cachée pour des personnes dont pour la plupart, le seul crime est d’être ici.
 
 
Premiers/ères signataires :
 
Antoine Samuel, responsable d’institution culturelle, co-direction du festival Les Urbaines 
Aubineau Mathilde, metteure en scène
Bonard Louis, artiste scénique
Borel Bernard, conseiller communal et pédiatre FMH 
Bovolenta Michela, secrétaire centrale SSP
Büchi Tizian, cinéaste et programmateur
Buclin Hadrien, député Ensemble à Gauche au Grand conseil vaudois
Claude Calame, directeur d’études, Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales
Caloz-Tschopp Marie-Claire, ex-professeurs titutlaire Université de Lausanne, à l’IEPI, institut d’Etudes politiques internationales et Collège international de Philosophie
Clavien Alain, professeur ordinaire, Université de Fribourg 
Conscience Pierre, enseignant, conseiller communal EàG, Lausanne 
Debluë François, écrivain, poète et enseignant
Démétriadès Chloé, co-directrice espace culturel
De Rham Patrick, directeur d’institution culturelle, Lausanne 
Dessimoz Claire, actrice culturelle
Dupuis Johann, conseiller communal Ensemble à Gauche 
Fankhauser Sanshiro, metteur en scène et enseignant 
Filleule Olivier, professeur à l’Université de Lausanne Gagnebin-de Bons David, photographe et enseignant 
Gallaz Christophe, écrivain et chroniqueur
Gennai Ilithyia, membre du collectif Afroféministe AMANI, Conseillère communale PS Nyon 
Guex Sébastien, professeur à l'Université de Lausanne
Guignard Karine Zeina (La Gale), artiste 
Hofmann Blaise, écrivain
Imbach Muriel, metteuse en scène
Jeanneret Delphine, co-directrice Festival Cinéma Jeune Public 
Keller Vincent, député POP au Grand Conseil
Koyuncu Sevgi, conseillère communale Ensemble à Gauche 
Kropf Laurent, artiste-plasticien
Liengme Valérie, comédienne
Mayoraz Maimouna, militante queer et antiraciste, conseillère communale Ensemble à Gauche, solidaritéS
Meinherz Franziska, chercheuse, militante Ensemble à Gauche
Menétrey-Savary Anne-Catherine, ancienne conseillère nationale et écrivaine
MisiegoCéline , POP, Députée au Grand Conseil vaudois, Conseillère communale Lausanne
Moreau Benoit, musicien 
Mouron Quentin, écrivain
N’Duhirahe Cécile, artiste plasticienne
Panchard Ilias, conseiller communal Les Vert∙e∙s à Lausanne
Porchet Léonore, conseillère nationale Les Vert∙e∙s
Prezioso Stéfanie, conseillère nationale (MP), Ensemble à Gauche-Genève 
Rochat Ysaline, co-directrice Les Urbaines
Romanens Thierry, comédien et chanteur
Schwerzmann Pierre, artiste peintre 
Shub Elise, réalisatrice et productrice
Secretan Adina, travailleuse dans le domaine de la culture 
Tara Dragos, musicien
Voutat Bernard, professeur à l’Université de Lausanne
Zecca Manon, éducatrice sociale, conseillère communale Ensemble à Gauche
 
Signatures collectives :
collectif Zooscope
Solidarités Vaud
XR Lausanne



















































































lundi 14 février 2022

La nouvelle gare de Lausanne : un centre de sécurité géant ?

 
Un « centre de sécurité » de la police serait en train de se projeter au cœur de la gare de Lausanne. 3000m2 pour la Police cantonale et les douanes, des cellules de rétention et des salles d'audition, des espaces exigus sans aucune vue sur l'extérieur au fond d'un couloir sous les rails y sont prévus.
 
Nous avons appris que la Direction générale des immeubles et du patrimoine (DGIP) du canton de Vaud, qui pilote ce projet, devrait prochainement valider définitivement la construction inacceptable de cet immense « centre de sécurité » dans le complexe de la gare.
 
Alors que le site de la nouvelle gare de Lausanne se vante de la démarche « participative » du développement du pôle gare, on n’y trouve aucune référence à cette expansion du dispositif sécuritaire. Le collectif lausannois Droit de rester exige une transparence des autorités communales, cantonales et fédérales face à ce projet.
 
Quel processus politique a mené à la décision des CFF de louer ces 3000m2 à la Police cantonale et aux Douanes ? Comment se fait-il qu’il n’y ait vraisemblablement pas eu de mise à l’enquête publique auprès des instances démocratiques de la ville ou du Canton quant à l’utilisation de ces bâtiments ? Quel est le rôle de l’Office fédéral de la douane et de la sécurité des frontières (OFDF) dans tout cela ? Quel est le rôle de l’Office fédéral des transports ? Et à quoi serviront ces cellules de rétention ? Qui y sera détenu et dans quel but ?

Nous exigeons des responsables politiques qu’ils et elles fassent immédiatement toute la lumière sur ce projet et son état d’avancement. 

La gare de Lausanne est en phase de devenir le symbole de la modernisation de la ville. Le développement de ce « centre de sécurité » n’y a pas sa place. Il contribuera à rendre la gare de Lausanne un encore plus haut lieu de la répression policière contre des personnes racisées et précaires, qu’elle ne l’est déjà.

Rappelons Mike Ben Peter, mort sous les coups de la police à 300 m de la gare, et Lamin Fatty, mort dans sa cellule de rétention suite à son arrestation par le corps des gardes-frontières à la gare. Les cellules de la Blécherette et leurs conditions de détention sur le fil de la légalité ont déjà fait couler beaucoup d’encre. Ces questions d’illégalité en zone carcérale seront encore débattues ce mardi au Grand Conseil (Motion « Mettre fin aux conditions illégales de détention dans les zones carcérales »). Les témoignages de contrôle au faciès, d’humiliation et de répression ayant lieu à la gare par les équipes policières et des gardes-frontières qui y patrouillent sont nombreux.

La multiplication de cellules sous les rails permettra une détention encore plus invisible. Nous refusons que, sous les rails et sous nos pieds, des personnes soient interrogées sommairement, fouillées, refoulées, criminalisées parce que niées dans leur droit à circuler et à exister.


Nous demandons à la Ville de Lausanne et au Canton de Vaud de bloquer immédiatement les démarches de validation en cours, et de s’opposer définitivement à ce projet de centre de sécurité dangereux et inhumain.