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lundi 11 avril 2011

L’aide d’urgence : un système qui pousse au suicide… avec la participation active de l’Etablissement Vaudois d’Accueil des Migrants (EVAM)!

Communiqué de presse :
L’aide d’urgence : un système qui pousse au suicide… avec la participation active de l’Etablissement Vaudois d’Accueil des Migrants (EVAM)!

Mardi 5 avril, un membre de notre collectif (débouté ivoirien de 27ans, en Suisse depuis 2002) a tenté de se suicider à l’antenne administrative de l’EVAM à Renens.
9 ans d’exil, 7 ans d’aide d’urgence, et 4 jours d’attente et d’aller-retour en béquilles entre l’antenne administrative de Renens de l’EVAM et son domicile, il n’en fallait pas plus pour que le vase déborde. Par désespoir et ras-le-bol face au mépris, au déni de justice et aux fautes professionnelles commises par les employé-e-s de l’EVAM en service à l’antenne administrative de Renens entre le 1er et le 5 avril, D. casse la vitre du guichet à coup de poing et perd ensuite connaissance en tentant de s’étrangler avec le cordon de marquage de la file d’attente1.
Malgré son handicap au genou droit et ses béquilles, les agents de la police de Lausanne intervenus sur place le plaquent au sol et le molestent si violemment au niveau des jambes qu’ils lui cassent le pouce du pied gauche et lui foulent la cheville droite, avant de le menotter aux mains et aux pieds2.
Après avoir été transporté au CHUV en urgence, D. a été hospitalisé d’office à l’hôpital psychiatrique de Cery.
Une plainte pénale sera déposée contre les policiers concernés et les voies de droit contre l’EVAM sont à l’étude.

Lausanne, le 11 avril 2011.
Droit de Rester Lausanne 
www.droitderester.ch
Tel de contact : 078 851 84 64
1 Selon la personne qui accompagnait D. le vendredi 1er avril et qui a assisté à toute la scène, c’est une apprentie nouvellement engagée par l’EVAM au guichet ce jour là qui a commis la faute professionnelle à partir de laquelle les événements se sont précipités.
2 Les examens médicaux effectués au CHUV ainsi que plusieurs témoins en attestent.

2 commentaires:

Picard a dit…

Je voulais juste dire que vous ne pouvez pas mettre les employés de l'Evam en cause. Tout simplement parce que ce ne sont pas eux qui prennent le décisions en haut et que généralement ce sont des gens au services des migrants. Je vous jure que les cantons sans établissement comme l'EVAM, sont bien moins accueillant. Apres l'erreur d'une aprentie c'est quelque chose de normal...Et aussi vivre des frustrations c'est normal...dommage que celle-ci fasse déborder le vase et que la police soit si virulente. Mais croyez moi les employés de l'Evam sont majoritairement tous pour l'intégration et contre les violences à l'égard de leurs clients. Veuilliez recevoir tout mon respect pour votre mouvement que j'admire, mais qui là s'attaque à un partenaire au lieu de l'aider.

nomis a dit…

Cher Picard,
permets moi de te répondre tardivement que ton commentaire est choquant pour au moins deux raisons.
Premièrement, tu nous expliques que "les employés de l'EVAM" n'ont aucune marge de manoeuvre et donc aucune responsabilité dans l'application des "décisions du haut", un peu comme les employés des chemins de fer allemands et des douaniers suisses pendant la 2ème...
Or, les choses sont à vrai dire un peu plus complexes (heureusement ou malheureusement, c'est une autre question): L'EVAM est en effet une autorité d'exécution qui comme son nom l'indique n'est censée faire qu'appliquer "les décisions" du Service de la Population vaudois (la police des étrangers étant désormais "un service"). La marge de manouevre de l'EVAM étant définie juridiquement par la LARA (Lois sur l'assistance aux requérants d'asile). Or, force est de constater qu'entre le peu de choses que dit la LARA sur le régime de l'aide d'urgence et les pratiques de l'EVAM, il y a souvent une grande marge d'interprétation, raison pour laquelle l'EVAM a bel et bien été obligé d'édicter un certains nombres de règlements et de procédures internes qui n'apparaissent nul part dans la LARA (p.ex le règlement de maison des centres qui interdit que les personnes puissent amener des effets personnels autres que vêtements et tél portables dans les chambres, le réveil quotidien par les sécuritas à 8h alors que les personnes à l'aide d'urgence sont interdites de travail et n'ont donc objectivement pas de raisons d'être réveillée à cette heure quotidiennement, le fait que les personnes en centre perdent leur place après 3 nuits d'absence, le fait que les fameux "programmes d'occupation" sont payés 3.50frs l'heure contrairement à toutes les normes légales liées au droit du travail. Enfin, preuve s'il en faut, rappelons-nous que s'il y a 4ans l'EVAM interdisaient les visites dans les centres et que les chambres n'avaient pas de clés, mais que sous la pression de Droit De Rester et de la Coordination Asile-migration VD ces règles internes ont été abandonnées, c'est bien que l'EVAM a une marge de manoeuvre... et donc une responsabilité dans l'application "des décisions du haut").
Deuxièmement, les mots que tu utilises sont choquant car ils appartiennent à l'univers du management et de la gestion commerciale (que signifie en effet "les employés de l'EVAM sont majoritairement pour l'intégration et contre les violences à l'égard de leurs CLIENTS"? alors que le système de l'aide d'urgence qu'applique l'EVAM et ses employés a été conçu pour rendre ces personnes invisibles, physiquement et psychiquement malade, en espérant aisni les pousser à quitter le territoire, ou au moins des statistiques de l'asile... car dans une logique gestionnaire seul les chiffres comptent et effectivement la logique dominante au sein des états européens et occidentaux en matière de migration est désormais gestionnaire: il s'agit en premier lieu de gérer les coûts, gérer les flux, gérer les centres, gérer es renvois en trouvant des "partenaires" étatiques au sein des dictatures au pouvoir dans les pays d'origine des migrants, et en bout de chaîne... des collaborateurs de l'EVAM capables de gérer les frustrations et les tensions avec le sourire et convaincus du bienfondé de leur mission.
Il y aurait aussi beaucoup à dire sur le fait que tu réduis la violence à sa dimension physique, alors qu'il y a précisément une violence inhérente aux procédures administratives auxquelles sont astreintes les personnes à l'aide d'urgence, puisqu'elles ne sont jamais considérées comme des sujets à part entière, mais comme des objets qu'on gère en attendant... leurs renvois ou leur disparitions.

meilleures salutations