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vendredi 17 mai 2013

Lettre ouverte à Simonetta Sommaruga


Lausanne, le 16 mai 2013  


Concerne : « Tout cela est arrivé, et rien de tout cela ne doit jamais plus se produire »[1]

Tout à fait, madame la conseillère fédérale ministre de la Justice. Aussitôt dit, aussitôt fait, il ne vous reste plus qu’à prendre une feuille et un stylo, et à inscrire la fermeture définitive de tous les centres  de détention administrative du pays. QUOI ?! Il reste encore de tels centres ? Alors il y a encore des gens qui sont « placés sans protection, sans explication, dans un foyer étranger, méprisés, abaissés, humiliés » ? Pourtant, « on a de la peine à croire que ça s’est passé chez nous » (24heures).

Quelle hypocrisie. Alors que les centres se remplissent de migrant.e.s sans papiers, indésirables, « souillés » et « considérés comme des déchets »[2], la suisse demande pardon aux humiliés d’un autre temps. Leur crime ? Hier, « être enceinte ». Aujourd’hui, être en Suisse.

Quand vous excuserez-vous pour les « souffrances qui sont infligées aux détenu.e.s administratifs » d’aujourd’hui ? Quand est-ce que les renvois forcés et les « mesures de coercition », que dans votre novlangue vous nommez « aide d’urgence », seront considérés comme une « violation de la dignité humaine », si chère à vos yeux aveugles ?

Dans votre discours, vous feignez que ces milliers de femmes et d’hommes sans papiers et sans droits n’existent pas. Nous, nous « ne détournons pas le regard ». « Nous sommes tous concernés » par ces zones de non-droit, qui font des migrant.e.s des sous-êtres humains et qui institutionnalisent l’apartheid.


Soyez cohérente, fermez les centres de rétention.

Salutations,


Collectif Droit de rester


[1] Toutes les citations sont extraites du discours de Simonetta Sommaruga lors de la cérémonie de commémoration des victimes de détention administrative, Berne, 12 avril 2013
[2] Sentiments d’une ex-internée administrative de Hindelbank

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