lundi 20 février 2012

MANIFESTATION du 22 FEVRIER 2012 A LAUSANNE POUR LA REGULARISATION DES SANS-PAPIERS et des REQUERANT-E-S D’ASILE


Le collectif Droit de rester, le Collectif Vaudois de Soutien aux Sans-Papiers (CVSSP) et le Collectif de soutien et de défense des Sans-Papiers de La Côte appellent à manifester mercredi 22 février 2012 à Lausanne dès 16h30 pour réclamer la régularisation immédiate de tous les sans-papiers et requérant-e-s d’asile. Les collectifs entendent ainsi rappeler que personne n’est illégal et que la migration, qui n’est jamais un choix facile, doit être vue comme une chance et non criminalisée.
 Mercredi 22 février 2012, nous descendrons à nouveau dans la rue pour crier notre rage face à la politique d’exclusion et de stigmatisation qui a cours dans ce pays. Nous en avons assez d’entendre des discours stigmatisant l’étranger-ère, nous en avons assez d’être considéré-e-s comme des abuseurs d’un système qui nous rejette. Que nous soyons passé-e-s par la filière de l’asile ou que nous soyons venu-e-s clandestinement, notre seul crime est d’avoir aspiré à une vie meilleure. L’Etat nous place dans des situations impossibles : interdit-e-s de séjour, exclu-e-s d’une existence légale, sans perspective d’avenir, nous sommes réduit-e-s à travailler au noir ou à nous terrer dans des abris de protection civile. ça suffit ! Qu’on le veuille ou non, nous sommes ici, nous participons activement à construire la société dont nous faisons partie, et nous sommes décidé-e-s à rester ici !
L’Etat cherche à nous diviser, en distinguant les bon-ne-s et les mauvais-es chômeurs-euses, les bon-ne-s citoyen-ne-s des mauvais-e-s, en créant des catégories de gens qui ont des droits et d’autres d’autres qui n’en ont pas. De même, il répond à nos demandes par de rares  régularisations  régularisation au cas par cas, qui pèsent peu face aux 10'000 à 15'000 que nous sommes dans le canton. Il est grand temps que les autorités cantonales tiennent compte de cette réalité. Nous exigeons donc la régularisation collective pour tous les sans-papiers et tou-te-s les requérant-e-s d’asile, et nous réclamons un monde plus juste, dans lequel chacun et chacune trouve une place. Les véritables fauteurs de troubles ne sont pas les migrant-e-s, ni les sans-emplois ou les mendiant-e-s, mais bien les spéculateurs, les criminel-le-s en col blanc qui bradent nos emplois et blanchissent leur argent dans les banques. ça suffit !
Nous voulons le droit de rester ici, le droit de travailler, le droit de nous exprimer. Nous nous sentons solidaires de toutes les personnes précarisées en Suisse et nous appelons à nous réunir pour défendre les droits fondamentaux de toutes et tous les habitant-e-s d’ici et d’ailleurs.

 Collectif Droit de rester, 20 février 2012

mardi 7 février 2012

«ONE WORLD», une philosophie générale d’ouverture à un seul monde

Une philosophie générale d'ouverture à un seul monde
Démocratiser la démocratie. Commun, Migration, Égalité
«Penser ne fait pas seulement appel à l'intelligence et à la profondeur, mais, avant tout, au courage» Hannah ARENDT
Nous vivons sur la même planète, mais vivons-nous dans un seul monde où personne ne peut être broyé, expulsé, jeté ? Que veut dire aujourd'hui, imaginer et vouloir construire un seul monde «One Word» , démocratiser la démocratie ? Que signifient les mots Commun, Migration, Egalité ? Que veut dire être exilé ?
Nous vous invitons à vous associer au plaisir d'un projet d'une formation publique et gratuite.
Les quatre séances s'inscrivent dans une perspective réflexive partagée d'éthique politique. Elles apporteront des outils, des propositions d'action possibles et utopiques à discuter (40 mesures proposées seront travaillées en ateliers).

QUAND?
Les samedis après-midis :
– 3 mars,
– 17 mars,
– 21 avril
Le jeudi soir
– 3 mai 2012 (17h 30 – 21 h 30)

OU?
Genève (UOG), Lausanne (UNIL)

Vous trouverez également le texte de référence (version allégée), en français pour le moment (en allemand et en italien, bientôt sur le site exil-ciph.com) ici

N'hésitez pas à faire faire circuler cette invitation dans vos propres listes d'adresses, et ou à insérer une information dans vos journaux et bulletins. Merci infiniment!

APPEL A LA MANIFESTATION du 22 FEVRIER 2012 A LAUSANNE POUR LA REGULARISATION DES SANS-PAPIERS et des REQUERANT-E-S D’ASILE



Fin 2004 : 28 Sans-Papiers travaillant sur la Côte et membres du Collectif de soutien et de défense des Sans-Papiers de cette région déposent collectivement une demande de régularisation, conjointement avec plus de 200 personnes vivant dans le canton de Vaud. Ces 28 dossiers  furent tous rejetés en 2005... Toutes et tous durent retourner dans la clandestinité, quelques uns prirent des avocats à grands frais, sans succès.
2009-2010 : près de 2000 habitant-e-s de Nyon, Gland et Morges demandent par une pétition aux autorités communales de soutenir publiquement la régularisation des Sans-Papiers disposant d'un contrat de travail.
Ces pétitions ont toutes été approuvées à de larges majorités par les Conseils communaux respectifs et les Municipalités. Celle de Nyon, par exemple, se dit  sensible à la situation des Sans-Papiers et rappelle que les principes et les actes fondateurs de la Suisse donnent les mêmes droits et obligations à celles et ceux qui y vivent. La municipalité de Gland souligne que la prise en considération de cette pétition par le conseil communal constitue un soutien officiel et public. La municipalité a transmis la pétition au Conseil d’Etat, sans aucune suite.
2009 : dépôt par le CVSSP (Comité Vaudois de Soutien aux Sans-Papiers) auprès du Grand Conseil d’une pétition demandant la régularisation collective de 67 familles (pas à la charge de la société). Malgré le soutien d’une majorité de député-e-s, le gouvernement refuse d’abord sèchement. Début 2011 : après discussions avec le Chef du Département de l’intérieur et le Service de la Population (SPOP), plusieurs familles ont la joie d’obtenir un permis de séjour.
La même année, le Collectif Droit de rester (membre de la Coordination Asile Migration Vaud), qui lutte notamment pour l’abolition de l’interdiction de travailler et pour le droit à l’aide sociale pour les requérant-e-s d'asile débouté-e-s, dépose auprès du Grand-Conseil une pétition munie de 1839 signatures demandant la régularisation collective. En mars 2010, elle est refusée par le Grand Conseil à 69 contre 61 voix.
Avril 2010 : dépôt par le Collectif Droit de rester auprès du Chef du Département de l’intérieur, d’une demande de régularisation pour une quarantaine de requérant-e-s d'asile débouté-e-s. Le SPOP refuse la grande majorité des demandes.
Juin 2011 : nouvelle demande soutenue par plus de 70 personnalités vaudoises. Une fois de plus, le Conseiller d'Etat répond par la négative.
  
Toutes ces démarches ont échoué malgré une forte mobilisation de la population et le soutien de nombreux élus. Nous constatons que les régularisations au cas par cas par l’Etat ne marchent pas !
C’est pourquoi nous appelons à une grande manifestation demandant au Conseil d’Etat:
-         la régularisation collective des Sans-Papiers et des requérant-e-s d’asile,
-         le droit au travail pour toutes et tous,
-         l’éantde la population et le soutien de nombreux élus. Nous constatgalité des droits et la fin des discriminations,
-         l’arrêt de la criminalisation des Sans-Papiers et des débouté-e-s.
Cette manifestation est organisée par :
-         le Collectif Vaudois de Soutien aux Sans-Papiers (CVSSP)
-         le Collectif de soutien et de défense des Sans-Papiers de La Côte
-         le Collectif Droit de rester

Premiers soutiens :

CSP (Centre Social Protestant)
SolidaritéS
Solidarité sans frontières (sosf)







mercredi 1 février 2012

Vivre sous terre, le prix de l'asile? - Regards sur l'évolution actuelle de la politique d'asile dans le canton de Vaud.

Un reportage réalisé par Juliette Müller en octobre 2011. 
La langue des bois s'est une nouvelle fois intéressé à la thématique de l'asile avec un reportage sur les abris de protection civile où sont actuellement logés plusieurs requérant-e-s d'asile. Ce reportage brut de décoffrage offre une plongée sans précédent dans le quotidien des personnes dormant sous terre helvète parfois pendant de nombreux mois.
Quelques mots pour contextualiser ce reportage : depuis 2009, le canton de Vaud a successivement ouvert quatre abris de protection civile pour loger des requérant-e-s d asile. Si ceux-ci ont fait parler d eux, c est le plus souvent en termes de danger, associés a une menace pour la sécurité du voisinage et des enfants, au trafic de drogue, etc.
À l heure où le canton de Vaud envisage de transformer ces abris de protection civile en "sleep-in", où les requérants n auraient plus droit ni a un lit fixe ni a une armoire, nous avons souhaité redonner la parole aux premières personnes concernées, soit aux requérant-e-s d asile eux-mêmes.
Qui sont les personnes qui vivent dans des abris? Pourquoi de plus en plus de requérant-e-s d asile sont logés dans des abris de protection civile ou des centres collectifs? Comment y vivent-ils? Comment perçoivent-ils leur situation en Suisse et l'image que l'on peut avoir d'eux?
Une série de questions qui nous amèneront à nous interroger plus largement sur la politique d'asile actuellement menée par les autorités vaudoises et confédérales. En effet, quels sont les buts et les enjeux de cette politique ? Quelles conséquences a-t-elle sur les personnes qui la subissent ? Et quelle évolution peut-on entrevoir pour le futur?

Après nous être rendus à la séance d'information publique relative a l'ouverture d'un abri PC a Orbe, où étaient présents plusieurs représentant-e-s de l EVAM (Établissement vaudois d accueil des migrant-e-s) ainsi que M. Philippe Leuba, Conseiller d État vaudois en charge de l'asile, nous nous sommes rendus au centre des Boveresses de Lausanne, qui accueille durant la journée les personnes logées dans les abris PC de Coteau-Fleuri (Lausanne) et du Mont-sur-Lausanne. Finalement, nous nous sommes entretenus avec Karine Povlakic, juriste au Service d'aide juridique aux exilé-e-s et auteure de l'ouvrage "Suppression de l'aide sociale, un instrument de contrainte" (Éditions d'En Bas, 2011), qui décrypte pour nous l'évolution actuelle de la politique migratoire en Suisse et nous livre un regard critique sur celle-ci.


mardi 31 janvier 2012

Pour la liberté d’expression et de circulation…

nous vous invitons :
Le jeudi 9 février 2012, à l’espace autogéré (rue césar roux 30  Lausanne) pour un repas de soutien aux quelques manifestant-e-s qui avaient dénoncé la pratique répressive en matière d’asile devant le service de la population. Après le repas, nous verrons un court métrage  « On vit ici, on travaille ici, on reste ici ! » à 21h00.
Le 16 février au cinéma OBLO (Avenue de France n°9, Lausanne, troisième sous sol) dès 20h30 : projection surprise d’une fiction très réaliste qui retrace l’expulsion forcée d’une famille. Ce sera l’occasion pour nous de discuter de ces questions avec des personnes du collectif Droit de Rester qui se battent contre les politiques répressives vis-à-vis des étrangers.
Rappel des faits :
Le 10 décembre 2010, alors qu'un refuge pour requérants d'asile déboutés est ouvert dans des églises depuis deux mois, une poignée de personnes se couche dans l'entrée du Service de la Population (SPOP) à Lausanne, pour dénoncer la politique fédérale et cantonale de gestion des migrant-e-s, qui broie des vies, expulse, précarise, terrorise... Durant les 40 minutes de l'action, les personnes souhaitant entrer dans le bâtiment doivent enjamber des corps. Le directeur adjoint du SPOP appelle la police, et peu après l'arrivée de celle-ci, les manifestant-e-s décident de se lever et s'en vont. Les policiers les arrêtent un peu plus loin et prennent leurs identités. S'en suivent des amendes pour  « manifestation illégale ».
Le 18 août 2011, deux personnes qui avaient contesté ces amendes ont comparu au tribunal de police de Montbenon à Lausanne. Ambiance kafkaïenne pour un procès où la cause semblait déjà entendue avant le début de l'audience. Verdict : les amendes individuelles sont maintenues et les frais de justice (800frs) sont à la charge des opposant-e-s.
Avec ou sans papiers nous ne mendierons pas le droit de protester contre la violence que l’Etat exerce sur les gens. Liberté pour toutes et tous !

mardi 17 janvier 2012

Imaginez-vous délogé-e-s au petit matin, forcé-e-s à une journée d’errance dans une ville inconnue, sans argent ni papier et sans le droit de travailler…


… C’est ce qui risque d’être imposé à de nombreux-euses requérant-e-s d’asile débouté-e-s de notre canton selon l’article paru dans le 24Heures du 6 janvier 2012 : « Vaud : des requérants d’asile sans lit fixe ni armoire ».

Il y est mentionné que l’Etablissement vaudois d’accueil des migrants (EVAM) exploitera en 2012, à titre expérimental, l’utilisation d’abris de la protection civile sous forme de sleep-in pour accueillir les requérant-e-s d’asile débouté-e-s durant la nuit uniquement en les laissant à la rue pour la journée avec leurs affaires sur le dos.



Le Collectif Droit de rester s’insurge contre cette nouvelle violation des droits fondamentaux des requérant-e-s d’asile envisagée par le Département de l'intérieur (DINT) et qui va à l’encontre de l’article 12 de la Constitution Suisse: « Quiconque est dans une situation de détresse et n’est pas en mesure de subvenir à son entretien a le droit d’être aidé et assisté et de recevoir les moyens indispensables pour mener une existence conforme à la dignité humaine ».

Cette nouvelle mesure, justifiée par les autorités comme un moyen de lutte contre le trafic de drogue, n’aura comme conséquence que l’augmentation de la précarité des personnes concernées et les exposera d’autant plus aux pressions des réseaux des narco trafiquants !



Les autorités ne sont pas dupes de cette situation mais, en introduisant cette nouvelle mesure inhumaine, elles espèrent voir les requérant-e-s quitter le pays, quitte à violer elles-mêmes la Constitution Suisse et l’Etat de droit.


Nous exigeons des autorités compétentes le retrait immédiat de ce projet de nouveau durcissement des conditions de vie des requérant-e-s d’asile et le respect de la dignité de tout être humain.




Nous exigeons des autorités qu'elles respectent l'égalité des droits! Il est temps d'en finir avec le régime discriminatoire de l'aide d'urgence et de rétablir le droit à l'aide sociale et le droit au travail pour les requérant-e-s débout-é-e-s.
17.01.12