jeudi 13 juin 2013
lundi 27 mai 2013
"Même si nous n'avons pas de visage, pas d'identité, nous pouvons aussi organiser la fête" – Migrant-e-s en lutte
Le samedi 20 Avril 2013, Droit de Rester a organisé une fête de migrants à la Frat. Les principaux buts et objectifs de cette fête étaient d'éclairer le public sur les projets de durcissement de la politique d’asile et d’immigration en Suisse.
Droit de Rester a profité de cette occasion pour renforcer ce message aux gens présents. En plus de cela, il y avait d’autres activités comme la projection d'un film (Mare chiuso), une table ronde de discussion avec André Kuhn, criminologue et Professeur à l’Université de Lausanne, Stefano Liberti, réalisateur du film «Mare chiuso» notamment.
Droit de Rester a également fait une surprise aux participants lors de la soirée en leur offrant de délicieux plats Indiens (Riz et Curry), suivis par des spectacles de musiques tels que des concerts par Joel Woguia, Nya and Raggumbians .
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Enfin, la fête qui a été organisée par Droit de Rester a offert aux migrants une chance et l’opportunité pour rencontrer des gens et de partager leur expérience personnelle avec eux.
C'était pour nous un plaisir et un privilege de pouvoir participer à cette fête dans le cadre de Droit de Reste. Ca nous a donné également l'occasion de rencontrer de nouvelles personnes et la possibilité de discuter de notre experience personnelle avec les participants. A la suite de la cette fête, très réussie et encourageante, Droit de Rester a l'espoir d'organiser une autre fête très bientôt.
Ecrit par
Solomon et Vinoj
vendredi 17 mai 2013
Lettre ouverte à Simonetta Sommaruga
Lausanne,
le 16 mai 2013
Concerne :
« Tout cela est arrivé, et rien de tout cela ne doit jamais plus se
produire »[1]
Tout
à fait, madame la conseillère fédérale ministre de la Justice. Aussitôt dit, aussitôt fait, il ne vous reste plus qu’à
prendre une feuille et un stylo, et à inscrire la fermeture définitive de tous
les centres de détention administrative
du pays. QUOI ?! Il reste encore de tels centres ? Alors il y a
encore des gens qui sont « placés sans protection, sans explication, dans
un foyer étranger, méprisés, abaissés, humiliés » ? Pourtant,
« on a de la peine à croire que ça s’est passé chez nous »
(24heures).
Quelle
hypocrisie. Alors que les centres se remplissent de migrant.e.s sans papiers,
indésirables, « souillés » et « considérés comme des
déchets »[2],
la suisse demande pardon aux humiliés d’un autre temps. Leur crime ? Hier,
« être enceinte ». Aujourd’hui, être en Suisse.
Quand vous excuserez-vous pour les « souffrances qui sont infligées aux détenu.e.s administratifs » d’aujourd’hui ? Quand est-ce que les renvois forcés et les « mesures de coercition », que dans votre novlangue vous nommez « aide d’urgence », seront considérés comme une « violation de la dignité humaine », si chère à vos yeux aveugles ?
Quand vous excuserez-vous pour les « souffrances qui sont infligées aux détenu.e.s administratifs » d’aujourd’hui ? Quand est-ce que les renvois forcés et les « mesures de coercition », que dans votre novlangue vous nommez « aide d’urgence », seront considérés comme une « violation de la dignité humaine », si chère à vos yeux aveugles ?
Dans
votre discours, vous feignez que ces milliers de femmes et d’hommes sans
papiers et sans droits n’existent pas. Nous, nous « ne détournons pas le
regard ». « Nous sommes tous concernés » par ces zones de
non-droit, qui font des migrant.e.s des sous-êtres humains et qui
institutionnalisent l’apartheid.
Soyez
cohérente, fermez les centres de rétention.
Salutations,
Collectif
Droit de rester
[1] Toutes les citations sont extraites du discours
de Simonetta Sommaruga lors de la cérémonie de commémoration des victimes de
détention administrative, Berne, 12 avril 2013
mardi 7 mai 2013
Bonne nouvelle !
« Je le dis en tant que votre concitoyenne. Je
l’affirme en tant que ministre de la justice. Et je le répète en tant que
membre de notre gouvernement national : rien n’a plus de
prix que la dignité humaine. » (Simonetta Sommaruga, Berne, le
11 avril 2013)
Voici donc, 22 jours après, un petit conte de la vie ordinaire.
Le 2 mai, au
petit matin, la police débarque au sleep-in de Morges. Elle menotte A. et
l’emmène à la prison de Morges. Quelques heures plus tard, il est transféré à
l’aéroport de Genève, toujours menotté et sans aucun effet personnel.
De quoi
est-il coupable ? D’avoir quitté le Burkina Faso et transité par la
Belgique avant d’arriver en Suisse. La Belgique est ainsi responsable de
traiter sa demande d’asile, et sa demande lui ayant été refusée, son renvoi
définitif.
De crainte
de se voir renvoyé dans le pays qu’il a quitté, A. décide de venir
en Suisse où il dépose une demande d’asile. Le règlement de Dublin fait de lui
un renvoyable en Belgique, sans que sa demande soit analysée par le autorités
suisses. Après trois mois de « sleep-in » à Morges et des errances
quotidiennes dans les rues de Lausanne, avec ses affaires sur le dos, l’heure
du renvoi est arrivée.
A Genève, A.
fait part de son refus de monter dans l’avion. La police l’informe qu’il a le
choix : partir ou aller immédiatement en prison. Dans ce cas, on utilisera
la force pour le renvoyer dans un vol spécial.
Sous le coup
de cette menace, A. prend l’avion pour Bruxelles, accompagné de 2 policiers. Il
est pris de violentes nausées pendant le voyage. A son arrivée, il est libéré
sous condition qu’il se présente au commissariat le lendemain. Donc laissé
seul, à la rue, sans argent, sans habits de rechange. La nuit arrive, A. a
froid et doit se trouver une veste et de la nourriture. Sa longue mésaventure
en Europe continue.
La Suisse a renvoyé
un jeune homme dans un pays qui ne le veut pas et qui ne lui offre aucune aide.
Quid de la dignité humaine ?
Les motifs d’asile
ne sont pas pris en compte, l’individualité des personnes est niée.
Comment
expliquerons-nous ces déportations à nos descendants dans quelques
décennies ? Comment justifierons-nous le fait que des démarches
administratives ont traumatisé des milliers d’êtres humains et les ont
condamnés à vivre dans des conditions inhumaines, au mieux cachés, au pire
enfermés dans des centres de détentions administratifs ?
Lausanne, le 7 mai 2013
dimanche 21 avril 2013
« Tout cela est arrivé, et rien de tout cela ne doit jamais plus se produire »
« Tout cela est arrivé, et rien de tout cela ne doit
jamais plus se produire »1
(Simonetta Sommaruga)
Tout à fait, madame la conseillère fédérale ministre de la
Justice. Aussitôt dit, aussitôt fait, il ne vous reste plus qu’à prendre une
feuille et un stylo, et à inscrire la fermeture définitive de tous les centres
de détention administrative du pays. QUOI ?! Il reste encore de tels
centres ? Alors il y a encore des gens qui sont « placés sans
protection, sans explication, dans un foyer étranger, méprisés, abaissés,
humiliés » ? Pourtant, « on a de la peine à croire que ça s’est
passé chez nous » (24heures).
Quelle hypocrisie. Alors que les centres se remplissent de
migrant.e.s sans papiers, indésirables, « souillés » et
« considérés comme des déchets »2,
la suisse demande pardon aux humiliés d’un autre temps. Leur crime ? Hier,
« être enceinte ». Aujourd’hui, être en Suisse.
Quand vous excuserez-vous pour les « souffrances qui sont infligées aux détenu.e.s administratifs » d’aujourd’hui ? Quand est-ce que les renvois forcés et les « mesures de coercition », que dans votre novlangue vous nommez « aide d’urgence », seront considérés comme une « violation de la dignité humaine », si chère à vos yeux aveugles ?
Quand vous excuserez-vous pour les « souffrances qui sont infligées aux détenu.e.s administratifs » d’aujourd’hui ? Quand est-ce que les renvois forcés et les « mesures de coercition », que dans votre novlangue vous nommez « aide d’urgence », seront considérés comme une « violation de la dignité humaine », si chère à vos yeux aveugles ?
Dans votre discours, vous feignez que ces milliers de femmes
et d’hommes sans papiers et sans droits n’existent pas. Nous, nous « ne
détournons pas le regard ». « Nous sommes tous concernés » par
ces zones de non-droit, qui font des migrant.e.s des sous-êtres humains et qui
institutionnalisent l’apartheid.
Soyez cohérente,
fermez les centres de rétention.
1
Toutes les citations sont extraites du discours de Simonetta Sommaruga lors de
la cérémonie de commémoration des victimes de détention administrative, Berne,
12 avril 2013
2
Sentiments d’une ex-internée
administrative de Hindelbank
tract du 15 avril 2013
Expulsion d’une famille par vol spécial, un nouveau cas de violence d’Etat maintenu dans le silence
Le 11 avril à 4 heures du matin, 30 policiers font irruption
dans un centre EVAM : une mère, quatre enfants et une adolescente sont
emmenés sans la possibilité de faire leur valise. Le père, en détention
administrative depuis 3 mois à Frambois, les rejoindra avec les mêmes méthodes.
Pour des raisons de procédure, reste dans l’appartement la grand-mère de 75
ans, aveugle, impotente et sans assistance (pourquoi pas 29 policiers et 1 pour
elle ?...). Embarquement dans un vol spécial affrété uniquement pour eux.
Les adultes sont attachés. Belle image que garderont les enfants (6, 9, 10 et
14 ans) de leurs parents « criminels ». Le budget étant maintenant
largement dépassé, chacun recevra 50 euros pour vivre à Sarajevo, sans famille
et sans contact, et pour les enfants sans possibilité de comprendre la langue.
En effet, la famille, d’origine Rrom, en Suisse depuis 5
ans, a dû fuir la Bosnie dans les années 90, après avoir perdu maison et terres
durant la guerre. Après un long périple en Europe, où ils tentent en vain de
trouver refuge, ils arrivent en Suisse et déposent une demande d’asile :
les populations Rroms sont victimes de discriminations sévères et avérées en
Bosnie. Les enfants, ayant débuté leur scolarisation en Suisse, ont évidemment
le français comme langue de référence.
Décidemment, l’Histoire se
répète. Le même 11 avril, Mme Sommaruga présentait les excuses officielles aux
victimes des mesures de contraintes et des placements forcés d’enfants, dans
les années 60 :
« Nous ne
pouvons plus continuer à détourner le regard, car c'est précisément ce que nous
avons fait pendant bien trop longtemps », « C'est
une violation de la dignité humaine"[1]
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