dimanche 31 octobre 2010

Déménagement du refuge

Le refuge, après St. Jacques et après l’église de la Sallaz-Croisette est accueilli depuis samedi par

la paroisse de St. Joseph, Avenue de Morges 66*

Suite à l’occupation de l'Eglise Saint-Jacques à Lausanne le lundi 11 octobre, puis une semaine de refuge transitoire à Point d'appui, les négociations entre le Collectif Droit de rester – Coordination asile-migration Vaud et les Eglises ont abouti à l'ouverture, le 20 octobre 2010, d'un refuge dans l'Eglise réformée de La Sallaz-Croisettes, puis à l'Eglise Saint-Joseph (av. de Morges 66). A l'heure où le contexte de répression contre les migrant-e-s s'intensifie, nous saluons la concrétisation de la protection des personnes en danger.
Par ce refuge, nous nous opposons à la politique de l'arbitraire en matière d'asile. Nous dénonçons le harcèlement dont sont victimes les personnes déboutées de l’asile et menacées de renvoi. Dernièrement, une émeute a éclaté à la prison de Frambois, où des détenus, désespérés par leur situation, se sont révoltés. Le refuge est nécessaire pour protéger les personnes d'une détention certaine et de la violation de leurs droits fondamentaux.
Nous demandons:
· l'arrêt des vols spéciaux (renvois forcés) qui se pratiquent en violation du respect de la dignité et mettent en danger la vie des personnes
· l'arrêt des renvois en vertu des accords de Dublin (renvoi dans le premier pays européen de passage sans prise en considération des motifs d'asile)
· la régularisation pour toutes et tous et l'application de l'article 14 LAsi permettant la régularisation des personnes résidant en Suisse depuis plus de 5 ans
· le retour à l'aide sociale pour toutes les personnes déboutées de l'asile actuellement soumise au régime discriminatoire de l'aide d'urgence
La population est la bienvenue pour nous rendre visite et témoigner son soutien à l’Eglise Saint-Joseph, av. de Morges 66, bus 7 et 17


Un renvoi est un renvoi de trop ! 


DROIT DE RESTER POUR TOUTES ET TOUS !
COLLECTIF DROIT DE RESTER – COORDINATION ASILE-MIGRATION VAUD (CAMIV)

Le Collectif Droit de Rester de la CAMIV  a organisé samedi 30.10.10 un rassemblement de protestation et de dénonciation de l’arbitraire en matière d’asile, à 14h à la Place St. Laurent à Lausanne*

Cette action s’inscrit dans le contexte de notre lutte pour

- l’arrêt immédiat des expulsions, par vol spécial ou vol de ligne

- la protection et non le renvoi des personnes soumises aux accords de Dublin

- l’application de l’art. 14 LAsi pour toutes les personnes qui doivent pouvoir en bénéficier

- le retour à l’aide sociale pour toutes les personnes déboutées de l’asile en attente de leur régularisation

samedi 23 octobre 2010

Refuge: on a besoin d'aide!

Depuis la semaine passée, un refuge est ouvert à la paroisse La Sallaz-Les Croisettes pour protéger des requérant-e-s d’asile débouté-e-s menacé-e-s de renvois vers des pays dans lesquels ils et elles n’ont plus aucun lien et où ils et elles craignent pour leur intégrité physique. Par ce biais, nous souhaitons également interpeller les autorités sur leur situation et celle de tant d’autres afin qu'elles facilitent la régularisation de leur statut de séjour.

Vous êtes les bienvenu-e-s pour visiter le refuge et nous rencontrer.

Nous avons également besoin d’aides concrètes :

- Présence à la permanence (tranches de 2h durant la journée)

- Veilles

- Aide à la cuisine

- Propositions d’activités

- ... 

Si vous êtes intéressé-e-s à amener votre contribution, même minime, nous vous invitons à venir nous voir au refuge, ch. de Boissonnet 1, sous l’église ! Vous pouvez également soutenir notre refuge en versant un don à Coordination Asile Lausanne, CCP 17549478-7 mention Refuge, et signer notre pétition 

vendredi 22 octobre 2010

Les migrant.e.s, ces oublié.e.s du Sommet de la Francophonie

Le collectif Droit de Rester a convoqué ce matin à Montreux en marge du XIII Sommet de la Francophonie les médias afin de faire connaître son point de vue sur sur un sujet passé sous silence par les organisateurs de cet évènement. Il s'agit de la problématique internationale et nationale de la politique de la migration mise en relation avec l'occupation à Lausanne d'un refuge. Un journaliste du quotidien Le Courrier était présent, de même qu'une dizaine de personnes solidaires et critiques ont assisté et participé activement à la conférence de presse. Nous déplorons que le XIII Sommet de la Francophonie soit de plus en plus un espace politique et économique réservé à l'élite dirigeante et nous déplorons que les sujets inhérents à l'immigration, à la dignité humaine et aux respects fondamentaux des droits humains ne soit pas abordés dans ce XIII ème Sommet de la Francophonie.

On a arrêté mon amie vendredi pour la renvoyer dans « son » pays.

Ce pays, Mme B. l'a quitté en guerre il y a 20 ans ; son père, sa mère sont morts, elle n'a plus de famille, plus de maison, plus d'amis, et le pays a changé de nom.

Elle a été arrêtée sous mes yeux à la sortie du service de la population (SPOP) où elle venait renouveler son droit à l'aide d'urgence. Une agente et deux agents en civil avec une voiture banalisée l'emmènent "pour un contrôle d'identité". Elle s'accrochait à moi, je n'ai pas pu la retenir. J'ai cru les policiers.

Pourquoi n'a-t-on pas crié, hurlé dans la rue ? Pourquoi cette soumission ?
"ça s'est passé dans la dignité" a dit M. Rothen, chef du SPOP. Oui, parce que je ne m'y attendais pas, parce que je n'ai encore jamais été affrontée à la violence d'Etat, n'ai pas appris la résistance dans ce Goulag mou où nous vivons. J'avais confiance, aujourd'hui je me sens trompée.

Les gendarmes ont pris mon numéro de téléphone et m'ont appelée plus tard, disant qu'elle serait présentée au juge de paix dans l'après-midi. C'était ça, "le contrôle d'identité". Une fois que la prise est faite, on peut dire la vérité.

Mes amis de la coordination asile m'ont rejointe, son avocate aussi, nous avons essayé de faire annuler cette arrestation par M. Rothen qui a donné tous ses arguments pour la justifier. Suite prévisible : passage devant une juge de paix qui signe l'incarcération tout en recommandant qu'on prenne garde à son état de santé, et transfert à la maison d'arrêts. Un avion partira bientôt pour ce pays qu'on lui a attribué.

Depuis qu'elle est en prison, avec sa souffrance, sans espoir, même en ses amis, je reste ici, impuissante, et je découvre les liens qui s'étaient tissés entre nous. D'autres amies que je ne connaissais pas m'ont appelée pour proposer leur aide, mais que faire maintenant qu'elle est entre les mains des autorités ?

Elle est croyante, elle appartient à l'église arménienne, la plus ancienne des églises chrétiennes. Fin 2004 elle est arrivée à Yverdon et a d'abord fait connaissance de l'église catholique où elle a donné des coups de main, car elle a des talents de couturière et de décoratrice. Elle est aujourd'hui traductrice pour vos services, et est très appréciée.

C'est alors que je l'ai connue et que nous avons fraternisé. Les passages au Spop la terrorisaient et la rendaient malade. Il fallait toujours l'accompagner. J'essayais de la faire rire pendant les longues attentes. Elle sursautait à chaque bruit. Puis nous étions appelées dans une petite cabine, on lui parlait avec une violence inouïe. Quand on sortait, munies de la fameuse feuille blanche, elle vomissait dans les toilettes.

Depuis son incarcération, elle a renoncé à vivre. Elle ne se nourrit plus, ne prend plus ses médicaments (nombreux parce qu'elle a toujours été très fragile), elle ne s'intéresse plus à rien, refuse parfois même nos téléphones.


Monsieur Leuba, cette femme va mourir entre nos mains. Ou vaut-il mieux qu'elle meure à son arrivée en Arménie?

Dans votre interview transcrit par 24 Heures, vous parlez de casiers judiciaires, le sien est vierge. Il y a erreur sur son cas. C'est une personne loyale, généreuse et, croyez-moi, profondément honnête.

Monsieur Leuba, je fais appel à vous. Vous dites mener une politique ferme, mais humaine. Vous êtes généreux dans la délivrance de permis humanitaires. Transmettez et défendez son dossier à Berne, accordez-lui au moins une admission provisoire. Sa santé se rétablira d'elle-même, elle prendra le travail qui l'attend et ne causera aucune difficulté à notre pays.

Je vous en remercie d'avance

F. S.

jeudi 21 octobre 2010

refuge: changement de lieu

Le collectif lausannois Droit de rester a quitté ce matin le Point d'appui à Lausanne pour s'installer dans un nouveau refuge situé à la salle de paroisse de l'église réformée lausannoise de la Sallaz-Croisettes. Nous entrons en refuge car notre volonté est de dénoncer les renvois et l'arbitraire des procédures d'asile. Nous restons déterminé-e-s à poursuivre la lutte pour obtenir un maximum de régularisations.
Une permanence 24h/24 est assurée par le collectif. Toutes les personnes désireuses de soutenir notre action sont les bienvenues.

mardi 19 octobre 2010

2X NON à l'initiative sur les renvois: videos

Des vidéos à partager sur la thématique des expulsions. 

A voir et faire suivre!

et 


lundi 18 octobre 2010

Déclaration de solidarité Un refuge contre les renvois et l'arbitraire dans les procédures d’asile, pour le droit de rester!

PETITION
 Depuis le 11 octobre 2010, le collectif Droit de rester a ouvert un refuge pour des personnes menacées de renvoi sous la contrainte.
Les signataires constatent
-qu’il est devenu pratiquement impossible d’obtenir l’asile en Suisse ;
-que les personnes déboutées de l’asile se retrouvent pendant des mois et des années dans la plus grande précarité, entassées dans des centres d’aide d’urgence ;
-que les renvois forcés se multiplient au mépris du droit humain ;
-qu’il est de plus en plus difficile d’obtenir des régularisations des personnes menacées ;
-que nous vivons une ère de barbarie où il semble légitime que l’on enferme des êtres humains de nombreux mois pour le simple fait qu’ils aient demandé l’asile en Suisse, au mépris des droits fondamentaux et de la dignité humaine.
Par ma signature, je me déclare solidaire du refuge et des personnes menacées de renvoi. 
Je réclame une politique d’asile qui respecte la dignité humaine.
POUR SIGNER: SUIVEZ CE LIEN POUR UNE SIGNATURE EN LIGNE OU TELECHARGEZ, IMPRIMEZ ET POSTEZ LA VERSION PAPIER DISPONIBLE ICI