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lundi 3 juin 2024

Action de solidarité contre les renvois de familles en Croatie

 

Stop aux renvois inhumains d’enfants !

Stop aux renvois forcés de familles !

Stop aux renvois Dublin en Croatie !

 

Action de solidarité contre les renvois de familles en Croatie :

samedi 8 juin 2024, 11h, place du 14 juin (devant l’Eglise St-Laurent) à Lausanne

Plusieurs familles afghanes ont été violemment renvoyées en Croatie ce printemps par le canton de Vaud. Les enfants sont encore sous le choc des descentes de police à l’aube. Faute de soins médicaux et de moyens pour mener une existence digne en Croatie, ces familles sont revenues. Elles sont à nouveau menacées de renvoi forcés dans le cadre des accords de Dublin.

De nouvelles violences policières envers ces familles et en particulier envers ces enfants âgés entre 20 mois et 13 ans seraient inacceptables !

Rassemblons-nous pour soutenir ces familles, exiger leur régularisation et empêcher tout nouveau renvoi par la force.

Venez témoigner votre solidarité le samedi 8 juin 2024 à 11h00, place du 14 juin, à Lausanne !

Afin de permettre aux personnes déboutées ou sans statut légal de participer sans risques, la manifestation est autorisée.

Un stand avec du matériel d’information et des lettres de soutien sera aussi sur place de 10h à 14h. N’hésitez pas à passer juste un petit moment pour signer, échanger avec les personnes concernées et vous informer.

 

Vous pouvez d'ores et déjà télécharger ici des lettres de soutien pour la famille HABIBI/AZIMI et la famille HUSAINI/MOBAREZ. Merci de les signer et envoyer au plus vite! 

jeudi 15 juin 2023

Lettre ouverte à Madame Christine Schraner Burgener, directrice du Secrétariat d’Etat aux migrations.

 Chère Madame,

Aujourd’hui 14 juin, en Suisse, c’est le jour de la grève féministe. Des milliers de femmes vont descendre dans la rue pour leur émancipation et contre l’oppression du système patriarcal. Plusieurs revendications sont au centre des différentes actions : une revalorisation financière et sociale du travail des femmes, la parité salariale, la lutte contre les violences sexistes et sexuelles, une meilleure possibilité de concilier la vie familiale et professionnelle, etc.

Dans un article du 10.07.2017, paru sur Swissinfo, nous avons noté que vous définissez féministe : Ja naturlich bin ich feministin[1]. Alors peut-être qu’aujourd’hui vous avez prévu de faire la grève, peut-être que vous débrayez quelques heures, peut-être vous travaillez, mais vous portez un pins du mouvement de la grève féministe ou vous êtes habillée en violet, peut-être vous allez manifester ce soir avec des collègues ou des copines. Quoi qu'il en soit, quoi que vous fassiez aujourd'hui, nous vous souhaitons : bon 14 juin 2023 !

De toute évidence, il y a mille manières de se définir féministe selon les différents principes et les divers courants de pensée. Toutefois, nous pensons qu’à la base de chaque féminisme, il y deux points fondamentaux: défendre les droits des femmes et le principe de sororité. En tant que féministes, nous ne nous battons pas uniquement pour nos droits à faire carrière, mais pour abolir toutes les discriminations qui nous touchent personnellement et qui touchent toutes les autres femmes.

Ainsi, puisque vous vous dites féministe, nous tenons aujourd’hui à vous rappeler comment votre institution, le Secrétariat d’État aux migrations, dont vous êtes la directrice, traite les femmes comme vous et comme nous. Des femmes, qui ont dû fuir leur pays d’origine pour survivre et/ou pour protéger leurs enfants. Des femmes qui pendant leur parcours migratoire, dans leur pays d’origine, pendant le voyage, ou ici en Suisse, ont subi des violences sexistes et sexuelles, des abus et des viols.

Ci-dessous vous trouvez quelques extraits anonymisés illustrant comment votre institution traite les viols et les femmes qui ont subis des violences sexuelles.





Aujourd’hui, puisque vous êtes féministe, faites preuve d’imagination et essayez de répondre à ces questions :

  • imaginez-vous être à la place de la femme qui a subi le viol et demandez-vous comment elle va; 
  • imaginez-vous comment elle se sent en lisant ces décisions.imaginez rencontrer cette femme, et lui expliquer en la regardant dans les yeux, que le viol qu’elle a subi n’est pas prouvé, qu’on ne la croit pas, que ses récits ne sont pas crédibles, car sa parole ne compte pas; 
  • imaginez être féministe, être solidaire avec cette femme et lui dire : oui je vous crois ! 

Remettre en doute le viol, culpabiliser une femme ou une personne queer parce qu’elle n’a pas fait les démarches nécessaires pour attester des abus, ne pas croire ses récits : c’est reproduire la même violence, c’est la violer une deuxième fois, c’est de la maltraitance. En 2023, sans être psychologue, presque toute le monde sait qu'une femme ou une personne queer peut avoir d’immenses difficultés à raconter un viol, qu'elle est traumatisée, qu’elle peut être dissociée en racontant ce qu’elle a vécu, qu’elle peut éprouver de la honte, un dégout de son propre corps, qu'elle se sent coupable, qu’elle a besoin de reconnaissance et de soutien spécifique et surtout qu’elle a besoin d’être crue.

Vous, en tant que féministe, vous pourriez donner une empreinte féministe à votre institution : 

  • vous pourriez reconnaître tout de suite les violences faites aux femmes vulnérables et aux personnes queers, reconnaître les violences sexistes et sexuelles et LGBTIQA*-phobes, en tant que telles et accorder l’asile aux personnes qui viennent chercher protection sous ce motif ; 
  • vous pourriez faire suivre des formations spécifiques à tou·tes vos employé·es sur les violences sexuelles, afin que les extraits effroyables cités plus haut soient bannis de vos décisions administratives ;  
  • vous pourriez vous assurer que les victimes de violences sexistes et sexuelles dans le domaine de l’asile aient accès tout de suite après leur arrivée en Suisse à des services spécialisés et à des prestations d’aide aux victimes ; 
  • vous pourriez faire en sorte de garantir un soutien matériel, sanitaire et juridique suffisant, indépendamment du fait que la violence ait eu lieu en Suisse ou non, dès l’arrivée des personnes concernées au centre fédéral ; 
  • enfin, vous pourriez veiller à la création d’espaces safe dans les centres fédéraux pour les femmes et les personnes queers, afin qu’elles se sentent en sécurité. 

Alors, en ce jour spécial et historique pour toutes les femmes en Suisse, nous aimerions que vous puissiez à nouveau dire : Ja natürlich bin ich feministin et que nous puissions vous croire. 

 Bon 14 juin 2023 ! 

 

Droit de Rester Lausanne

Droit de Rester Fribourg

Collettivo R-esistiamo

Collettivo Io L’8 ogni giorno

Droit de Rester Neuchâtel

Solidarité Tattes

Collectif de la Grève féministe VAUD

 

 






[1] https://www.swissinfo.ch/ger/politik/150-jahre-schweizer-vertretung-in-berlin_-

 

jeudi 23 février 2023

Mardi 28 février venez soutenir une action Stop Dublin Croatie pendant votre pause de midi à Lausanne !

 Quoi ? Action de piquet avec distribution de tracts contre les renvois Dublin en Croatie

Quand ? Mardi 28.2.2023, 13h30-14h15, rue Cité Devant 13, 1005 Lausanne (entrée du parlement vaudois)

Organisée par qui ? Droit de rester Lausanne, avec des personnes menacées de renvoi en Croatie en provenance du Burundi, de Somalie, du Kurdistan et d'Afghanistan

Pourquoi ? Malgré les rapports des ONG, les témoignages récoltés par des associations de terrain, les préoccupations de professionnels de la santé, dénonçant les mauvais traitements et les violences policières systématiques, la Suisse continue de renvoyer des personnes en Croatie selon les accords de Dublin. Le 15 février, une famille kurde avec 3 jeunes enfants a été arrêtée dans un camp à Zurich et renvoyée par la force en Croatie. Depuis début 2023, au moins 12 personnes ont été renvoyées par la force en Croatie. De nombreuses personnes vulnérables vivent actuellement dans le canton de Vaud terrorisées par la menace d'un renvoi, dont des familles avec des enfants en bas âge et des femmes seules avec des bébés.
Le 7 février, 52 député-es vaudois-es ont signé une lettre adressée à la Conseillère d'Etat Isabelle Moret, lui demandant de suspendre tout renvoi en Croatie, en particulier ceux des personnes les plus vulnérables.
Du 27 février au 5 mars, une semaine d'action nationale a lieu dans toute la Suisse, aussi bien dans des Centres fédéraux d'asile, des foyers cantonaux que dans des lieux publics. A cette occasion, nous souhaitons rappeler aux élu-es vaudois-es que de nombreuses personnes menacées de renvoi en Croatie vivent dans la peur au quotidien dans le canton de Vaud et comptent sur leur soutien.

Les décisions NEM Dublin Croatie et les plans de vol continuent de pleuvoir avec des conséquences graves sur la santé mentale des personnes frappées par ces décisions. Même si les renvois ne sont (pour l'instant!) pas exécutés depuis le sol vaudois, cela plonge les personnes concernées dans une grande angoisse. Elles comptent sur un large soutien de la société civile afin que leur appel soit entendu des autorités vaudoises et fédérales !

mercredi 19 octobre 2022

Lettre ouverte au Secrétariat d’Etat aux migrations / Stop aux renvois Dublin vers la Croatie


Les collectifs Droit de Rester romands demandent au SEM l’arrêt immédiat des renvois Dublin vers la Croatie.

Aujourd’hui à Neuchâtel, lors d’une conférence de presse, une cinquantaine de requérant·es d’asile menacées de renvoi vers la Croatie ont témoigné des violences qu’elles et ils y ont subies. Leurs histoires sont la motivation d’une lettre ouverte au SEM exigeant l’arrêt immédiat des renvois Dublin vers la Croatie. Vous trouverez en pièce-jointe le dossier de presse contenant les récits des personnes ainsi que la lettre envoyée au SEM hier.

L’initiative émane des collectifs Droit de Rester romands. Depuis plusieurs semaines, leurs permanences cantonales de Neuchâtel, Fribourg et Vaud sont débordées par des situations étonnamment similaires. Elles ont en effet reçu (et continuent de recevoir) des dizaines de récits de personnes et de familles ayant fui leur pays d’origine pour ensuite subir des violences et discriminations répétées en Croatie.

« Passage à tabac, poursuite avec des chiens, insultes racistes, moqueries, vols, manipulation, chantage, menaces, contrainte à signer des documents en croate : tous ces récits décrivent à la fois le mode opératoire et l’ampleur de la panoplie de la violence déployés par les autorités croates face aux réfugié·es » déclarent les activistes de Droit de Rester.

La lettre ouverte a été soutenue par plus d’une trentaine d’organisations et de chercheuses et chercheurs du domaine de la migration. Pour elles, les renvois Dublin vers la Croatie doivent cesser immédiatement et le SEM doit réévaluer urgemment sa politique d’asile.



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Lettre ouverte au Secrétariat d’Etat aux migrations
Stop aux renvois Dublin vers la Croatie



Madame la secrétaire d’Etat aux migrations, Christine Schraner Burgener,

 

Par la présente lettre, nous dénonçons l’attitude du Secrétariat d’Etat aux Migrations (SEM) dans sa gestion des cas dits « Dublin ». En effet, d’innombrables renvois sont actuellement prononcés et exécutés vers la Croatie, où des violences policières, des violences d’État, sont commises en toute impunité et au su de la Confédération. Par conséquent, nous exigeons l’arrêt immédiat de ces renvois ainsi qu’une réévaluation urgente de la politique d’asile du SEM.

 

Depuis plusieurs semaines, les permanences cantonales de Droit de Rester Neuchâtel, Fribourg et Lausanne sont débordées par des situations étonnamment similaires. Nous avons en effet reçu (et continuons de recevoir) des dizaines de récits de personnes et de familles ayant fui leur pays d’origine – notamment le Burundi, où la crise politique s’est particulièrement aggravée ces dernières années1, mais également l’Afghanistan, la Somalie ou la Turquie pour ensuite subir des violences et discriminations répétées en Croatie. D’une part, les autorités croates procèdent à de nombreux « pushbacks » des personnes voulant entrer sur le territoire. Des pratiques de refoulement qui, nous le rappelons, sont illégales en vertu du droit international et ont déjà été dénoncées à de multiples reprises et depuis plusieurs années par des ONG. D’autre part, lorsque la police décide d’arrêter ces réfugié·es (après les avoir refoulé·es plusieurs fois), cette dernière se distingue par des pratiques inhumaines : violences physiques, psychologiques et sexuelles, insultes racistes, vols et/ou destructions de biens personnels, enfermement dans des locaux avec accès limité ou inexistant à des ressources alimentaires et sanitaires, etc. Entre et au milieu de tous ces traitements violents, humiliants et dégradants, la police en profite par ailleurs pour enregistrer les empreintes digitales des personnes réfugiées et les forcer à signer des documents en croate, avant de les relâcher ou de les placer dans des camps. L’enregistrement des demandes d’asile des personnes réfugiées est donc pratiqué sous la contrainte, la violence et l’intimidation de la police locale. Il ne fait aucun sens de renvoyer des personnes vers leurs persécuteurs, dans quelque pays qu’il soit.

 En octobre de l'année dernière déjà, le rapport Lighthouse2, fruit du travail d'investigation de plusieurs médias, faisait la lumière sur les violences perpétrées par la police croate. Puis, en décembre 2021, la Cour européenne des droits de l'homme (CEDH) et le Comité européen pour la prévention de la torture et des peines ou traitements inhumains ou dégradants (CPT) ont confirmé que des pushbacks et traitements dégradants étaient pratiqués par les autorités croates dans des jugements 3 et des rapports 4 . L'équipe forensique du CPT a constaté à plusieurs reprises sur les corps des personnes migrantes des blessures consécutives à des violences policières. Enfin, le 13 septembre dernier, l’Organisation suisse d’aide aux réfugiés (OSAR) alertait les autorités compétentes à travers la publication d’un nouveau rapport accablant sur les violences policières commises en Croatie et en Bulgarie5.

 Elle a notamment rappelé que « l’usage de la violence par les autorités bulgares et croates à l’encontre des personnes en quête de protection est contraire aux obligations de droit international public, notamment à l’article 3 CEDH (interdiction de la torture) », avant de conclure que, « [e]n raison de la fréquence de ces incidents et des nombreuses preuves, il faut partir du principe qu’il s’agit d’un recours systématique à la violence, toléré, voire voulu, par les États concernés. La situation à la frontière ne peut pas être considérée isolément de celle à l’intérieur du pays. La présomption selon laquelle ces États respectent leurs obligations internationales ne saurait donc être maintenue ». L’OSAR demande donc au SEM de renoncer aux transferts vers la Croatie et la Bulgarie, demande que nous réitérons avec la plus grande force.

Par ailleurs, nous rappelons une évidence que le SEM semble également vouloir sciemment ignorer : les personnes passées par la Croatie et qui ont à ce jour demandé l’asile en Suisse ont faire face à des violences à la fois dans leur pays d’origine et durant leur parcours migratoire. En décidant de renvoyer automatiquement en Croatie les personnes dont les empreintes et l’enregistrement ont été obtenus de force et dans les conditions violentes décrites ci-dessus, le SEM participe à une forme supplémentaire de violence et d’oppression. Plutôt que d’être réactualisés, les traumas et les séquelles subis par ces réfugié·es dans plusieurs pays nécessitent une prise en charge adéquate et humaine. Les personnes que nous rencontrons nous disent préférer « plutôt mourir que de retourner en Croatie ». Leur vulnérabilité tant sur le plan physique que psychique ne peut être décemment réfutée au vu des éléments rapportés. L’État seul possède les moyens structurels d’y répondre, et nous l’enjoignons à y remédier au plus vite.

 Ce faisant, et alors que le SEM parle de « cas isolés », nous dénonçons un véritable modus operandi de la part des autorités croates. Dès lors et au vu du nombre croissant de témoignages recueillis et de la concomitance des violences rapportées dans ces derniers, trois constats s’imposent :

1.      Les nombreux témoignages recueillis ces dernières semaines mettent en lumière deux pratiques récurrentes de la police croate, à savoir le recours à la violence sous toutes ses formes (physiques, psychologiques, sexuelles et racistes) et l’obtention forcée, non éclairée et non consentie des personnes arrêtées à déposer une demande d’asile en Croatie. Ces phénomènes sont d’ordre systémique.

2.       Le nombre de personnes victimes des ces pratiques inhumaines avant d’arriver en Suisse pour demander l’asile est inévitablement beaucoup plus grand que les dizaines de cas dont nous avons eu connaissance jusqu’à maintenant. En effet, Droit de Rester ne représentant que quelques petites structures locales aux forces entièrement bénévoles, nous n’avons probablement aperçu que la pointe de l’iceberg.

3.       À la suite de cela, nous pouvons donc en déduire que le SEM, au travers des entretiens qu’il mène avec chaque nouvel·le arrivant·e dans les centres fédéraux, a eu connaissance des violences subies par les personnes entendues et des multiples et répétées pratiques illicites de la police croate.

Compte du tenu de l’ampleur et du caractère répété du phénomène, la responsabilité du SEM est à cet égard clairement engagée.

 

En conclusion, nous exigeons de la part du SEM qu’il cesse avec effet immédiat les renvois Dublin vers la Croatie et qu’il recourt pour ce faire à ladite « clause de souveraineté » inscrite à l’alinéa 1 de l’article 17 du Règlement Dublin III, qui lui permet d’assumer la responsabilité de traiter toute demande d’asile, « notamment pour des motifs humanitaires et de compassion » 6 . Il est impératif qu’à ce titre le SEM et la Confédération sortent de leur

« formalisme excessif »7 et assument pleinement leur « tradition humanitaire » dont ils se targuent officiellement8.


La prise en charge rapide, efficace et non bureaucratique des personnes fuyant l'Ukraine depuis février de cette année nous l'ont montré : un accueil humain et adéquat est possible. Nous tenons également à souligner que le nombre important de personnes accueillies depuis le début de la guerre ne saurait justifier une inaction face à un besoin de protection urgent des victimes de violences étatiques en Croatie.


Vous trouverez, en accompagnement de ce courrier :

-          Une liste des personnes (via leur numéro de dossier uniquement) dont nous suivons la situation et qui se trouvent en danger d’être renvoyées en Croatie ou se sont déjà vu notifier par la SEM une décision de non-entrée en matière et une prononciation de renvoi ;

-          Plusieurs témoignages recueillis auprès de personnes ayant subi des violences en Croatie et devant malgré tout faire face à la menace d’un renvoi Dublin vers ce pays ;

-          La liste des associations et personnalités qui ont co-signé et soutiennent cette lettre.

 En espérant que vous saurez prendre la mesure de l'urgence et de la nécessité de notre demande, nous vous adressons, Madame, nos salutations les meilleures.

 Pour les collectifs Droit de Rester romands, 


1 « Les organisations de défense des droits humains internationales comme burundaises ont documenté des meurtres, disparitions, actes de torture et mauvais traitements, des cas d’arrestations et de détention arbitraires, ainsi que des

violences sexuelles et sexistes. Des cadavres non-identifiés, souvent mutilés ou ligotés, ont été découverts à intervalles réguliers dans différentes provinces, souvent enterrés par les autorités locales, des membres des Imbonerakure ou des policiers, sans qu’il y ait eu d’enquête », « Rapport mondial 2022 : Burundi », Human Rights Watchhttps://www.hrw.org/fr/world-report/2022/country-chapters/380886.

2 « Unmasking Europe’s Shadow Armies », Lighthouse Reports, 06.10.2021, https://www.lighthousereports.nl/investigation/unmasking-europes-shadow-armies/.

3 https://hudoc.echr.coe.int/eng#%7B%22itemid%22:%5B%22001-213213%22%5D%7D.

4 https://rm.coe.int/1680a4c199.

5 « Violences policières en Bulgarie et en Croatie : conséquences pour les transferts Dublin », OSAR, 13.09.2022, https://www.osar.ch/publications/news-et-recits/violences-policieres-en-croatie-et-en-bulgarie-losar-demande-de- renoncer-aux-transferts-vers-ces-deux-pays.

6 Voir également : https://www.amnesty.ch/fr/themes/asile-et-migrations/le-reglement-dublin-et-la-suisse/docs/2017/la- suisse-doit-davantage-appliquer-la-clause-de-souverainete-du-reglement-dublin.

7 https://www.amnesty.ch/fr/themes/asile-et-migrations/le-reglement-dublin-et-la-suisse; voir aussi :

https://asile.ch/2017/12/04/fact-checking-clause-de-souverainete-sem-de-lintox-delegitimer-lappel-dublin/ 

8 https://www.sem.admin.ch/sem/fr/home/asyl/asyl/humanitaere-tradition.html ;

https://www.eda.admin.ch/aboutswitzerland/fr/home/politik-geschichte/die-schweiz-und-die-welt/humanitaere- tradition.html.


dimanche 9 octobre 2022

Rassemblement mardi 11 octobre, 18h, place du 14-juin



POUR LA LIBERATION D’ALLWADDIN NEZAMI ET LA SUSPENSION DE TOUS LES RENVOIS DUBLIN


Allwaddin Nezami, marqué par un passé extrêmement violent en Afghanistan et sur la route de l’exil, souffre d'un état de stress post- traumatique et présente une détresse psychologique intense qui lui a valu plusieurs hospitalisations. Lorsqu’il est arrivé en Suisse, il espérait y trouver enfin du répit et une protection.
Au lieu de cela, le 7 octobre au matin, la police vaudoise, sur mandat du Service de la population du Canton de Vaud, est allée le chercher au foyer EVAM pour l’arrêter par la force et le mettre en détention administrative en vue d'un renvoi sous contraintes !

Les Afghan.es – dont le sort a pourtant fait l’objet d’un émoi public et médiatique – subissent aujourd’hui la torture silencieuse du système migratoire suisse !

La Suisse s'est illustrée par son mépris des vies humaines après les événements de l'été 2021 en Afghanistan. Elle n’a ni facilité l’arrivée de personnes en fuite ni favorisé les regroupements familiaux des proches des Afhgan.es déjà en Suisse.

Pire encore, le Secrétariat d'Etat aux migrations s'illustre toujours par l'application stricte du Règlement Dublin (renvoi vers la Croatie, l'Italie, la Grèce, etc.). Un nombre sidérant de jeunes Afghan.es en détresse sont harcelés par les autorités en vue d’un renvoi.

Plusieurs d’entre elles et eux ont récemment été arrêté.es et renvoyé.es, notamment en Italie. Beaucoup d’autres attendent dans un état de stress extrême que ce soit leur tour.

Nous n’en pouvons plus de cette violence gratuite et n’acceptons plus que la Suisse refuse sa protection à des personnes vulnérables alors qu’elle a montré avoir les moyens d’accueillir, comme l’a illustré sa politique vis-à- vis des Ukrainien.nes.

Rassemblement mardi 11 octobre, 18h, place du 14-juin. Prenez de quoi crier votre colère!

jeudi 17 février 2022

Lettre ouverte: Des cellules de rétention sous les rails

Nous relayons ici une lettre ouverte, qui circule depuis lundi à l'initiative de la coordination contre les renvois. 49 personnalités des milieux culturels, politiques et associatifs l'ont signée pour exiger l'arrêt de ce projet qui va à l'encontre de la fonction première d'une gare, lieu d'échanges et d'ouverture sur le monde.

***
(les signatures individuelles ne sont plus mises à jour depuis le 17 février. Pour signer, c'est ici)

Des cellules de rétention sous les rails

 
Une gare, c'est quoi ?
 
C'est un possible infini de rencontre, un lieu qui n'appartient à personne, un lieu l'on arrive, un lieu tout peut commencer. Combien de fois dans l’Histoire, les gares ont-elles été des portes ouvertes pour des populations en errance fuyant la guerre ou chassées de chez elle par des jeux géopolitiques qui leur ordonnaient de quitter leur maison ? Combien de vies ont recommencé dans un hall de gare ? Combien de vies se sont croisées dans ces espaces de pur mouvement ? Le monde se croise là et c'est une chose précieuse.
 
Aujourd'hui Lausanne est en travaux, des grues de toutes parts, on invente un  nouveau  visage,  on  s'enivre d'ambitions, de pôle muséal, de nouvelles places publiques vont sortir de terre. Au milieu, cette nouvelle gare qui va voir le jour. Assez classieuse elle aussi, on sort du langage de province, on cherche à lui donner toutes les tailles : humaine dans son contact avec la rue du Simplon, urbaine au nord et celle d'une ville en pleine croissance, qui craque un peu dans ces vêtements en son centre. On pousse les murs, on surélève la marquise historique. On laisse la place pour accueillir le grand flux grisant de cet arc lémanique en plein âge d'or.
 
On laisse la place, mais les chemins sont balisés. On laisse la place, mais on projette déjà celle de ceux qui n'en ont pas. Derrière cette figure de porte se cache celle d'une impasse. On laisse la place, mais seulement pour certains. Les “autres” suivront le chemin qu'on leur a dessiné. Prendront la porte qui les attend, suivront des couloirs habilement localisés, des parcours qui se veulent discrets. Ces autres seront soustrait∙es au grand brouhaha et seront conduit∙es au cœur de la gare dans des cellules de rétention.
 
Un centre de sécurité est en train de se projeter en plein cœur de la gare de Lausanne: plus de 3000m2 de surface dédiée à la police cantonale et aux douanes notamment.
Pratique,  il  n’y  aura  plus  qu’à cueillir  tranquillement  ceux  qui  se  croyaient  le  droit  d'être  arrivés.  Des cellules de rétention et des salles d’audition. Des espaces plus qu’exigus sans aucune vue sur l'extérieur au fond d'un long couloir sous les rails. La belle porte d'entrée que voilà!
 
Dans cette Europe qui organise avec tant de tact pour les nantis l'externalisation de ses frontières, Lausanne, la bonne ville de gauche, entre pittoresque, université et grève du climat, n'y voit rien à redire. Lausanne, comme quelques consœurs de charme sur les rives du Léman, s'est pourtant déjà illustrée grâce à sa police comme détentrice d'une éthique et d'un sens de l'ouverture à géométrie variable. Rappelons Mike mort sous les coups de la police à 300 m de la gare de Lausanne il y a 4 ans. Rappelons Lamin mort dans sa cellule de rétention sans que personne ne s'en aperçoive. Il est si facile de cacher ces erreurs quand les espaces sont déjà agencés pour les faire disparaître. Il est si facile de fermer les yeux quand il n'y aura rien à voir. Personne à rencontrer pour secouer nos idées reçues, personne qui pourra par son regard nous rappeler l'autre monde, celui d'où il vient. Personne aussi pour témoigner de la violence faite à leur accueil et à leur existence. Une gare faite de gens d'ici...
 
La Gare de Lausanne ainsi projetée, participe du même effort de tact que les centres fédéraux d’asile, du même zèle d'efficacité que les patrouilles libyennes sillonnant les mers. Il n'a pas suffi aux Européen.nes et aux Suisse∙sses d'être entaché∙es par Frontex, les prisons libyennes, les accords de Dublin, les
centres fédéraux d’asile, les zones de détention installées dans les aéroports. Maintenant, c'est à la gare de Lausanne à laquelle il nous faudra penser lorsque les mots indignité, racisme, violence étatique, crime occidental raisonneront dans nos têtes face à la misère du monde.
 
Sous la terre, quelques dizaines de mètres au sud des grandes salles d'exposition de Plateforme 10, les cellules de rétention. En regardant s'étaler la belle sensibilité créative des artistes contemporains,
entendrons-nous le murmure, les prières et les cris de ceux et celles qui sous nos pieds, se croyant arrivé.es... chutent? Non.
 
Nous, actrices et acteurs du monde politique et culturel vaudois soussigné∙e∙x∙s, demandons à la Ville de Lausanne, au Canton de Vaud, aux CFF et à la Confédération d’utiliser tous les moyens possibles pour ne pas réaliser ce centre de sécurité. Ne faisons pas de la gare de Lausanne une prison cachée pour des personnes dont pour la plupart, le seul crime est d’être ici.
 
 
Premiers/ères signataires :
 
Antoine Samuel, responsable d’institution culturelle, co-direction du festival Les Urbaines 
Aubineau Mathilde, metteure en scène
Bonard Louis, artiste scénique
Borel Bernard, conseiller communal et pédiatre FMH 
Bovolenta Michela, secrétaire centrale SSP
Büchi Tizian, cinéaste et programmateur
Buclin Hadrien, député Ensemble à Gauche au Grand conseil vaudois
Claude Calame, directeur d’études, Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales
Caloz-Tschopp Marie-Claire, ex-professeurs titutlaire Université de Lausanne, à l’IEPI, institut d’Etudes politiques internationales et Collège international de Philosophie
Clavien Alain, professeur ordinaire, Université de Fribourg 
Conscience Pierre, enseignant, conseiller communal EàG, Lausanne 
Debluë François, écrivain, poète et enseignant
Démétriadès Chloé, co-directrice espace culturel
De Rham Patrick, directeur d’institution culturelle, Lausanne 
Dessimoz Claire, actrice culturelle
Dupuis Johann, conseiller communal Ensemble à Gauche 
Fankhauser Sanshiro, metteur en scène et enseignant 
Filleule Olivier, professeur à l’Université de Lausanne Gagnebin-de Bons David, photographe et enseignant 
Gallaz Christophe, écrivain et chroniqueur
Gennai Ilithyia, membre du collectif Afroféministe AMANI, Conseillère communale PS Nyon 
Guex Sébastien, professeur à l'Université de Lausanne
Guignard Karine Zeina (La Gale), artiste 
Hofmann Blaise, écrivain
Imbach Muriel, metteuse en scène
Jeanneret Delphine, co-directrice Festival Cinéma Jeune Public 
Keller Vincent, député POP au Grand Conseil
Koyuncu Sevgi, conseillère communale Ensemble à Gauche 
Kropf Laurent, artiste-plasticien
Liengme Valérie, comédienne
Mayoraz Maimouna, militante queer et antiraciste, conseillère communale Ensemble à Gauche, solidaritéS
Meinherz Franziska, chercheuse, militante Ensemble à Gauche
Menétrey-Savary Anne-Catherine, ancienne conseillère nationale et écrivaine
MisiegoCéline , POP, Députée au Grand Conseil vaudois, Conseillère communale Lausanne
Moreau Benoit, musicien 
Mouron Quentin, écrivain
N’Duhirahe Cécile, artiste plasticienne
Panchard Ilias, conseiller communal Les Vert∙e∙s à Lausanne
Porchet Léonore, conseillère nationale Les Vert∙e∙s
Prezioso Stéfanie, conseillère nationale (MP), Ensemble à Gauche-Genève 
Rochat Ysaline, co-directrice Les Urbaines
Romanens Thierry, comédien et chanteur
Schwerzmann Pierre, artiste peintre 
Shub Elise, réalisatrice et productrice
Secretan Adina, travailleuse dans le domaine de la culture 
Tara Dragos, musicien
Voutat Bernard, professeur à l’Université de Lausanne
Zecca Manon, éducatrice sociale, conseillère communale Ensemble à Gauche
 
Signatures collectives :
collectif Zooscope
Solidarités Vaud
XR Lausanne