Nous soutenons l'occupation de l'église St-Laurent par le Collectif-R afin d'y constituer un refuge contre les renvois de requérant-e-s d'asile débouté.e.s. Stop aux renvois Dublin! Soutenez le refuge et signez le manifeste:

dimanche 24 mars 2013


Lorsqu’ils ont menacé de renvoi les sri-lankais
Je n’ai rien dit, je n’étais pas sri-lankais.
Lorsqu’ils ont placé en détention administrative les congolais
Je n’ai rien dit, je n’étais pas congolais.
Lorsqu’ils ont expulsé les kosovars
Je n’ai rien dit, je n’étais pas kosovar.

Lorsqu’ils ont interdit à une famille pakistanaise de se réunir
Je n’ai rien dit, je n’étais pas pakistanais.
Lorsqu’une femme érythréenne a été renvoyée en Italie seule
avec ses enfants
Je n’ai rien dit, je n’étais pas érythréen.
Lorsqu’un jeune géorgien s’est suicidé suite à l’application brutale des lois
Je n’ai rien dit, je n’étais pas géorgien.

Lorsqu’ils ont isolé les hommes dans des abris PC
Je n’ai rien dit, je ne me sentais pas vraiment concerné.
Lorsque’ ils ont interdit aux personnes déboutées de travailler et d’étudier
Je n’ai rien dit, je n’étais pas débouté.
Lorsqu’ils ont bafoué les droits fondamentaux des demandeurs d’asile
Je n’ai rien dit.

Puis ils sont venus me chercher
Personne n’a rien dit, on s’était tous adaptés.
C’était la normalité.

Librement inspiré d’un poème attribué à Martin Niemöller
tract du 19 mars 2013

banalité du mal

"Ceux qui s'intègrent et respectent l'ordre juridique ont leur chance. Ils peuvent retrouver une vie normale après dix, voire douze ans de crainte".
Philippe Leuba, 24 heures, 16 février 2013

mercredi 13 mars 2013

Acte désespéré d'une personne déboutée de l'asile. A qui la faute ?

Les mesures mises en place par les autorités en cause

A., requérant d'asile en Suisse depuis 10 ans, souffre de troubles psychiques graves, suite aux événements survenus dans son pays d'origine qui l'ont fait fuir.
Au vu de son intégration effective, de sa maîtrise de la langue française, de ses emplois (avant l'interdiction de travail), et de son comportement exemplaire pendant toutes ces années, le canton de Vaud se déclare favorable à l'attribution d'un permis B.
Malheureusement l'ODM en décide autrement et A. se voit refuser par deux fois, l'autorisation de séjour en Suisse. (On se demande à quoi sert l'art 14, al 2 de la Lasi !). Le Service de la Population du canton de Vaud (SPOP) s'en lave les mains, accusant Berne et A reste dans le peloton des perdant.e.s, des renvoyables : les débouté.e.s.
Sa santé physique fragile et ses troubles psychiques graves lui ont permis heureusement jusqu'à peu de rester dans un appartement réservé aux personnes vulnérables.

Hélas, les nouvelles directives EVAM/SPOP, (voir Le Courrier du 19 novembre 2012) que nous avons dénoncées le 19 novembre 2012, ne se soucient plus de protéger les personnes en danger. Les responsables de l'hébergement de l'EVAM, soutenus par leur directeur, ne tiennent aucun compte des rapports médicaux et des rapports de la Commission de vulnérabilité de la Policlinique médicale universitaire. (En raison d'une recrudescence des symptômes de stress post-traumatique en lien avec sa situation sociale difficile, A. est dans l'incapacité de vivre dans un lieu où il ne bénéficie pas d'un certain espace privatif au risque d'une évolution défavorable de ces symptômes ainsi que d'une augmentation des comportements auto-agressifs, 19.02.2013.)

On se demande donc à quoi sert encore cette commission, si ses avis ne sont pas suivis !

Le 4 mars dernier, malgré les rapports des médecins déconseillant ce transfert, malgré un recours resté sans réponse fait par A. et malgré l'intervention de plusieurs militant.e.s. de notre Collectif, A. est transféré dans une chambre au foyer collectif de Malley.
Comme prévu par les médecins traitants, A. décompense, risque sa vie et doit être conduit le 7 mars dernier dans un hôpital psychiatrique.

Alors, cette fois à qui la faute ? Difficile de s'en laver les mains et de se retourner contre Berne, Messieurs les dirigeants de l'EVAM. C'est bien vous qui avez pris cette décision irresponsable et c'est à vous que nous demandons d'annuler immédiatement la décision de transférer A. en foyer et de lui permettre de retourner dans son appartement.

Les personnes débouté.e.s de l'asile comme A. restent des êtres humains avec leur fragilité mais vous avez tendance à l'oublier, Messieurs, en bafouant leurs droits fondamentaux. Il est temps que ce déni de droit et d'humanité cesse.

Droit de Rester, le 12 mars 2013, tract distribué le 12 mars et courrier adressé le 12 mars aux dirigeants de l'EVAM