Nous soutenons l'occupation de l'église St-Laurent par le Collectif-R afin d'y constituer un refuge contre les renvois de requérant-e-s d'asile débouté.e.s. Stop aux renvois Dublin! Soutenez le refuge et signez le manifeste:

lundi 19 janvier 2009

Zurich, encore

Le 29 Décembre 2008, les migrant-e-s qui occupaient l'église "Prediger" à Zürich,
Suisse, ont invité les médias à une conférence de presse. Plusieurs
délégations de sans-papiers parlent de leur situation de précarité dans le
Canton de Zürich et expliquent leurs demandes politiques.

Le film de 9 minutes est une sélection de la conférence de presse.

Vous pouvez visionner et/ou télécharger le film en suivant ici.
Toutes les infos sur le site de Bleiberecht.

lundi 12 janvier 2009

Un troisième film sur la lutte des migrant-e-s de Zurich

Avant la manifestation du samedi et le déménagement dans l'église St.
Jakob du dimanche, les squatteurs de l'église "Prediger" à Zürich sont
toujours actifs dans leur combat. Au même moment les pressions médiatiques
et de l'église augmentent et des appels pour que les réfugiés quittent les
lieux deviennent plus forts.

Dans le court-métrage, trois migrants de la Guinée-Bissau, de l'Iran et de
l'Irak et une activiste du comité local de soutien décrivent le situation
actuelle et les problèmes rencontrés et donnent un apperçu des méchanismes
de leur organisation collective.

Vous pouvez visionner et/ou télécharger le film de A-films en cliquant ici.

samedi 10 janvier 2009

Actualité de Zurich: message

Chères personnes soutenant les Sans-Papiers qui ont occupé la Predigerkriche et l'église St-Jacob à Zurich.

Les Sans-Papiers ont quitté l'église St-Jacob mercredi: l'action qui a durée depuis le 19 décembre est terminée et un succès partiel a été atteint.

Dans la nuit de mardi à mercredi, une séance a eu lieu et à l'issue de laquelle il a été décidé de quitter l'église mercredi.

Le succès partiel est le fait que Hollenstein a fait une concession: il essayera de convaincre le Grand Conseil de réactiver la commission pour les cas de rigueur.

Il est aussi satisfaisant d'avoir réussi à rendre public les dysfonctionnements au sein de l'office des migrations du Canton de Zurich en occupant les deux églises.

Mais pour l'instant, le quotidien des Sans-Papiers reste inchangé dans le Canton de Zurich. Ils continuent d'être regardé comme des personnes de deuxième classe et il s'agit là d'un véritable scandale !

Je suis intervenu à ce sujet et également concernant la situation des Sans-Papiers dans tout le pays dimache dernier à la Radio Lora Italiana.
http://www.lora.ch/sendungen/alle-sendungen/67?list=Radio+L%26acute%3Bora+italiana


Je tiens encore à vous remercier pour votre soutien !

Meilleures & Solidaires Salutations

Simon Bischof
JS /FR

mercredi 7 janvier 2009

Occupation de la Predigerkirche: une lutte contre l'oubli



Zürich, Noël 2008. Vive agitation dans le hall de la gare centrale. Des touristes se pressent pour prendre en photo un gigantesque arbre de Noël qui brille de mille feux. Le rêve d’une vie dorée à portée de caméra. A quelques centaines de mètres, nous découvrons une autre réalité. Depuis le 19 décembre, les banderoles qui décorent la Prediger Kirche contrastent avec le clinquant du Nieder-Dorf. Quelques dizaines de personnes luttent contre le froid, autour d’un thé chaud bienvenu.
Droit de rester!
Ces hommes et femmes viennent du monde entier et revendiquent une analyse moins bureaucratique et plus humaine de leur situation. Il semble en effet que le canton de Zürich réserve un accueil plus que glacial à celles et ceux qui y cherchent refuge. Les personnes à qui les autorités ont refusé l’asile, se retrouvent sans papiers. Rejoignant la cohorte de celles et ceux qui travaillent sans titre de séjour. Face à cette intransigeances, ils ont occupé cette église le 19 décembre, afin d’alerter la population et créer un rapport de force avec les autorités cantonales.

Il est vrai que, sur les bords de la Limmat comme ailleurs, les nouvelles lois sur l’asile et les étrangers en vigueur depuis 12 mois ont fait de nombreuses victimes. Réfugié-e-s frappé-e-s de non entrée en matière (NEM), débouté-e-s de l’asile, touts sont censés quitter le territoire suisse. Rester ici en fait des illégaux que les autorités mettent périodiquement en prison pour infraction à la loi.

Face à la dureté de ces lois, une des rares portes de sortie consiste à obtenir un permis B sur la base des « articles de rigueur », autorisant les cantons à soumettre des cas spéciaux de personnes qui seraient restées plus de cinq ans, et qui ont montré qu’elles étaient intégrées. Le collectif du Bleiberecht Zürich a ainsi soutenu une demande d’une famille bolivienne en Suisse depuis 20 ans, si emblématique de la vie souterraine que vivent les quelque 100'000 Sans-Papiers de Suisse. Alors que tous les critères semblaient être respectés, le canton a refusé cette demande. De nombreux cas similaires ont été refusés, puisqu'aucune situation n'a été présentée aux autorités fédérales, contre plus de 300 dans le canton de Vaud.

Les réfugié-e-s aux commandes

L’église est grande, très haute sous ses voûtes blanches, mais il y fait aussi bien frais. La paroisse a refusé que les réfugiés utilisent la cuisine, et la nourriture est préparée ailleurs. Près de 80 personnes dorment ici chaque soir, sur des matelas de fortune et dans les couvertures militaires. Hussein, un Kurde irakien et John du Kenya me garantissent que le peuple suisse est bon et généreux. Que si les gens savaient ce qui se passait, ils ne laisseraient pas faire. Ils font partie du groupe d’activistes qui ont pris en charge l’organisation logistique et politique, soutenus par les copains suisses. Des groupes « communautaires » se réunissent avant les réunions générales, afin de définir des positions qui seront transmises par des délégué-e-s. Le soir, la réunion est traduite en trois langues, français, allemand et anglais.
Mardi 30, quelques personnes de Lausanne et Vevey répondent à l'invitation faite par les Zürichois, et viennent raconter leurs luttes. Les copains et copines Congolais se posent de graves questions concernant la présence peu avant Noël, d'une délégation de fonctionnaires de Kinshasa, qui sont venus pour interroger les personnes en instance de renvoi. Y a-t-il eu un mouchard? Ils et elles sont tendu-e-s. Après une réunion de préparation pour la manifestation de samedi, la petite conférence commence avec les Lausannois à la place du pasteur... Ils et elles racontent avec émotion. L'occupation de 2001 à Bellevaux, puis celle de la coordination asile entre 2004 et 2006 dans diverses églises de Lausanne. Le discours de Graziella galvanise tout le monde. Grâce à ce type d'actions, nous pouvons nous sentir plus fort-e-s et plus solidaires même si nous savons que c'est extrêmement pénible psychiquement. Kamber explique qu'il a beaucoup gagné lors de son séjour de 5 semaines dans une église lausannoise. Il aurait fait le tour de la terre si cela avait été nécessaire pour amener son soutien à l'équipe du Bleiberecht. L'ambiance est bonne, des femmes africaines encouragées par les discours à prendre plus de place, rétorquent à chaque constat, ou acquiescent gravement. Finalement, l'assemblée s'emballe et chante le slogan -peu orthodoxe- "Regularisez, tous les sans-papiers". Chouette moment qui redonne vie à cette église au style gothique glacial.
Samedi, nous revenons à quelques uns pour participer à la manifestation. Malgré le froid mordant qui caractérise les bords de la Limmat, plus de 1000 personnes sont là, avec de nombreuses banderoles, des chants, des casseroles. Tout se passe bien, sous la direction bicéphale d'un Iranien et d'un Somalien... Nous nous prêtons tant bien que mal aux chorégraphies qu'ils mettent en place dans la bonne humeur. Moïse porte une banderole "Nous nous battrons jusqu'au bout pour notre dignité". Arrivé du Congo en 2004, il a passé onze jours dans l'aéroport avant d'être frappé de non entrée en matière. On lui propose de choisir entre l'avion ou la prison. Il préfère la prison, où il reste trois mois. Finalement, il est mis à l'aide d'urgence. Bien qu'il n'ait jamais reçu de permis N, ni aucun papier officiel de la Suisse, il travaille pour la Brockenhaus, 8 heures par jours durant plus de deux ans. Payé 250 francs par mois pour faire des déménagements, il espère au moins pouvoir faire valoir ce travail comme une preuve d'intégration. Malheureusement, il semble que ce ne soit pas suffisant, comme nous l'avons aussi dénoncé pour le canton de Vaud. Reste la lutte politique. Une vingtaine de personnes du collectif de Berne sont là aussi, et tout le monde sent son espoir ravivé dans la mobilisation. Le lendemain, les occupant-e-s de la Prediger déménagent en signe d'apaisement et gagnent l'église Stauffacher.
Quelles belles leçons nous donnent ces femmes et ces hommes qui nous montrent un chemin de liberté et de lutte pour la dignité et les droits.

lundi 5 janvier 2009

Occupation de l'Eglise Prediger, Zurich: témoignages

Vendredi 19 décembre 2008, environ 150 sans-papiers et des militant-e-s
solidaires ont squatté l'Eglise "Prediger" à Zürich en Suisse. Ils se
battent pour avoir, tous, le droit de rester et avoir une vie indépendante et digne.

Les squatters demandent au canton de Zürich: de donner des papiers
à tout le monde, l'abolition de l'interdiction de travailler.
Dans ce court-métrage, trois migrant-e-s parlent de leur action, de leurs
problèmes et de leurs espoirs.

Vous pouvez visionner et/ou télécharger le film sur le blog A-film, ou sur youtube.
Vous trouverez d'autres video sur le site de Bleiberecht.

vendredi 2 janvier 2009

MANIF "Droit de rester pour tou-te-s" Samedi 3 janvier, 13h30 Predigerplatz, Zürich

MANIF "Droit de rester pour tou-te-s"

Samedi 3 janvier, 13h30 Predigerplatz, Zürich

En soutien aux Sans Papiers qui occupent l’église de la Prediger depuis le 19 décembre.

Une année de travail politique et deux semaines d’occupation d’église n’ont pas amélioré la situation des Sans Papiers. Maintenant, nous transmettons notre combat pour la dignité à la rue.

Nous revendiquons :

- l’application immédiate des régularisations sur des bases humanitaires (articles de rigueur).

- La fin de la criminalisation des Sans-Papiers

- La levée de l’interdiction de travail.

Bleiberecht Jetzt!

Revendications du Bleiberecht à Zürich

Explications politiques à l’occupation de la Predigerkirche (Zürich) par des Sans Papiers depuis le 19 décembre


Nous voulons mettre en avant les revendications suivantes :

- Traitement humain et moins bureaucratique des cas de rigueur inscrits dans la loi (article 14 offrant une possibilité de régularisation).

- Des permis pour toutes et tous ! Fin de la criminalisation et de la détention des Sans-Papiers.

- Levée de l’interdiction de travailler, droit au travail pour toutes et tous !

Voilà un an jour pour jour, nous avions symboliquement occupé la cathédrale de Zürich, pour protester contre le durcissement des lois sur l’asile et les étrangers. Un an plus tard, nous constatons avec réalisme que l’office des migrations de Zürich persiste dans sa politique migratoire irrationnelle et inhumaine.

Comme nous ne sommes pas prêt-e-s à supporter plus longtemps cette attitude des autorités et du gouvernement zürichois sans réagir, nous avons décidé, Sans Papiers et activistes suisses d’occuper l'église de la Prediger, afin d’attirer l’attention sur notre situation insupportable et revendiquer nos droits.

Dans la plupart des autres cantons, une grande partie d’entre nous aurait déjà reçu le droit de rester

Visiblement pourtant, le droit suisse ne s’applique pas au canton de Zürich. Comment est-ce possible que le ce canton soit le seul qui n’ai pas traité de cas de régularisation sur des bases humanitaires (cas de rigueur, ou art. 14 de la LAsi). Comment se fait-il qu’une autorité nous force à subir des conditions carcérales et nous stigmatise comme des criminels ? Par exemple, beaucoup de nous qui vivons sous le régime de l’aide d’urgence, devons aller chaque semaine se présenter au bureau des migrations, où on nous attribue un nouveau lieu de résidence. L’aide d’urgence est par ailleurs versée sous forme de bons migros, et il ne nous reste qu’à nous débrouiller.

La possibilité de régulariser des cas de rigueur basée sur l’intégration est un moyen concret pour remédier à ces dysfonctionnements, dont tout le monde aurait profité :

- La société : car cela permettrait à des être humains qui vivent ici depuis longtemps de s’intégrer enfin et de pouvoir travailler.

- Les employeurs : car ils pourraient nous employer de manière légale.

- Nous, car nous pourrions enfin trouver la sécurité dont nous avons besoin pour vivre, après avoir fui durant des années, à la recherche de protection et d’une vie digne d’un être humain.


Nous, les gens des 6 camps (à l’aide d’urgence), les 7 Day’lers, et le collectif droit de rester de Zürich, sommes résolus à nous battre pour nos droits .Nous ne nous laisserons plus traiter ainsi, nous ne voulons plus jouer le « rôle de mouton noir » de cette société. Nous aussi sommes des hommes et des femmes, et nous avons aussi des droits. Nous en avons assez ! Il est temps maintenant de se défendre. Nous sommes là, et nous restons ici !