Nous soutenons l'occupation de l'église St-Laurent par le Collectif-R afin d'y constituer un refuge contre les renvois de requérant-e-s d'asile débouté.e.s. Stop aux renvois Dublin! Soutenez le refuge et signez le manifeste:

lundi 31 janvier 2011

Découragé-s mais encore là

Un nouveau film de a-films, dont on peut saluer le bon travail.




Ce qu'en dit A-films:
"Depuis janvier 2008, tous les requérants d’asile déboutés n’ont plus droit qu’à l’aide d’urgence. Celle-ci est fournie différemment selon les cantons. L’aide d’urgence n’est cependant pas d’abord une prestation d’aide, mais est surtout un instrument de la politique de dissuasion dans le cadre de la 'lutte contre la migration'. L’idée perfide qui se cache là derrière est que plus la précarisation des personnes sans statut légal est grande, plus il est probable qu’elles quittent la Suisse.
Toutefois, pour différentes raisons, bien des requérants déboutés ne partent pas mais essaient de se soustraire au contrôle étatique et passent dans la clandestinité. D’autres s’adressent durablement à l’aide d’urgence et vivent péniblement en marge de la société en subissant, dans leur précarité, les tracasseries ciblées des autorités. Les prestations de l’aide d’urgence permettent à peine de survivre mais sont loin de garantir une vie dans la dignité."

"Notre court métrage de 25 minutes montre, à l’aide du témoignage de trois personnes sans-papiers, ce que peut signifier concrètement de vivre sous le régime de l’aide d’urgence. La question des motifs pour lesquels ces personnes sont venues en Suisse est volontairement laissée de côté. A notre avis, elle n’est pas pertinente dans le contexte de la problématisation du système de l’aide d’urgence. "

Le collectif de média autonome 'a-films' suit depuis plus de deux ans la lutte politique des migrants en Suisse. Le groupe a publié de nombreux reportage et courts métrages accessible sur leur site: http://a-films.blogspot.com/2009/03/150309fr.html

lundi 24 janvier 2011

Rupture entre le Collectif Droit de Rester et les Eglises

Le Collectif Droit de Rester se voit dans l’obligation de quitter le refuge actuel à l’Eglise St. Esprit de Lausanne, ne pouvant pas accepter les conditions posées par les Eglises pour la poursuite de notre collaboration.

En effet, suite à une rencontre avec le Conseiller d’Etat Philippe Leuba, les responsables des deux Eglises, catholique et protestante, nous ont demandé lundi passé de fermer le refuge du jour au lendemain, alors que deux paroisses étaient prêtes à nous accueillir. Elles sont par la suite revenues sur leur décision après une discussion avec des membres du Collectif et d’autres soutiens en nous proposant une paroisse hors Lausanne. Plus grave encore, elles nous imposent d’exclure du refuge une des deux personnes qui y séjournent actuellement.

En effet, elles ont voulu poser des conditions concernant les personnes en refuge, notamment le fait qu’elles voulaient que « quelque chose soit encore possible » du point vu juridique au lieu de faire pression sur les critères de sélection pratiqués par les autorités, ce que demandaient les collectifs engagés. C’est sur cette base qu’elles ont exclu T. de leur protection et ceci en dépit du soutien déclaré par plusieurs député-e-s, par des responsables d’organisations de défense des droits humains et des migrants et par des personnalités du canton. Nous revoilà donc une fois de plus confrontés avec la séparation entre « bon-ne-s et mauvais-e-s refugié-e-s » ou si vous voulez, les « vrai-e-s et le faux-sses refugié-es » !

Pendant les 100 jours d’existence du refuge, nous avons accepté les conditions des Eglises à savoir, entre autres, le refus de nous laisser nous installer plus que 3 semaines dans le même lieu, nous contraignant à une précarité et nous éloignant des personnes migrantes qu’il est difficile d’informer. Elles nous ont constamment affirmé qu’il était extrêmement difficile de trouver des paroisses prêtes à nous accueillir, nous laissant toujours dans l’expectative de nous retrouver sans toit jusqu’au dernier moment, arguant de leur bonne foi et du respect démocratique de leur base, alors que nous savons que plusieurs paroisses auraient été prêtes à héberger le refuge.

Aujourd’hui, nous ne pouvons accepter que les Eglises lâchent les personnes les plus démunies, des personnes que le système a exclues durant des années. Les autorités des Eglises jouent le jeu de l’Etat et de leur « patron » Philippe Leuba, en tentant de diviser notre mouvement.
Nous ne nous laisserons pas diviser, nous ne voulons plus être baladé-e-s par des autorités ecclésiastiques qui s’intéressent davantage aux règlements administratifs qu’aux messages de solidarité et de protection des faibles défendus par l’Evangile. En tournant le dos aux requérant-e-s d'asile débout-é-e-s, en refusant de soutenir leur droit à une vie digne et préférant lisser le pouvoir dans le sens du poil, les autorités des Eglises se rendent complices des politiques discriminatoires et attentatoires à la vie des migrantes et des migrants.


Mais notre lutte continue. Une autre Suisse est possible et nécessaire.


Collectif Droit de rester pour toutes et tous, 24 janvier 2011

vendredi 21 janvier 2011

Expulsée dans l'indifférence générale: témoignage video

Jeudi on vous racontait l'histoire de l'expulsion de la maman de Boris (nom d'emprunt) que le collectif soutient au refuge. Voici un témoignage vidéo à diffuser.
La video se trouve sur YouTube



Lettre au conseil synodal de l'Eglise réformée vaudoise et au Conseil de l'Eglise catholique vaudoise

Au Conseil synodal de l'Eglise réformée vaudois
Au Conseil de l'Eglise catholique vaudoise

Fermeture du refuge

Lausanne, le 20 janvier 2010

Mesdames, Messieurs,

Le 17 janvier 2011, vous avez décidé de fermer le refuge qui avait été ouvert en octobre 2010 dans des églises protestantes et catholiques de Lausanne et environs, pour héberger momentanément des requérants d'asile menacés de renvoi imminent.
Tout en reconnaissant le gros effort qui a été fait par vous-mêmes et plusieurs paroisses pour accueillir ce refuge et que celui-ci ne saurait constituer une solution de longue durée, nous aimerions vous dire la très vive inquiétude des milieux qui sont soucieux de la dignité humaine et de la santé des requérants d'asile.
Persuadés que les Eglises sont une force de protestation contre l'injustice et un lieu de refuge pour les exclus, nous regrettons que vous soyez entrés dans la logique de nos gouvernants, au niveau fédéral comme au niveau cantonal, selon laquelle il ne serait pas possible de protéger des personnes n’ayant que de faibles chances de recevoir une réponse favorable à leur demande de régularisation. Dans un contexte marqué par une forte montée de l’hostilité envers les étrangers , l’Etat joue son rôle de « policier » ; les Eglises ont un tout autre rôle à jouer.
Nous pensons que les Eglises doivent précisément avoir à cœur les "cas désespérés", comme elles l'ont fait dans le passé, à l’image de leur engagement "pour les 523", engagement qui a été couronné de succès. Nous pensons aussi que les Eglises ont à prendre la défense de personnes qui courent des risques graves dans le pays où l'on veut les renvoyer, quelles que soient les fautes commises en Suisse ou ailleurs, surtout s'il y a un espoir de réhabilitation et de nouveau départ dans la vie . Si les Eglises ne se tiennent pas aux côtés de ceux qui vivent dans la crainte et qui n’ont plus d’espoir, qui le fera ?
Il est vrai que le refuge est une solution de dernier recours et que celui-ci ne saurait être éternel. Toutefois, on sait que les démarches entreprises en faveur des personnes hébergées nécessitent beaucoup de temps. Une décision unilatérale de mettre fin au refuge avant qu'une solution ne soit trouvée pour ces personnes ne peut être comprise que comme un grave retour en arrière .
Pour l'heure, seules deux personnes sont hébergées au refuge Mais ce sont des cas graves qui méritent notre soutien. De plus, au-delà des deux personnes hébergées , c’est le rôle joué par les Eglises et le destin de nombreuses personnes qui sont en cause ici.
En outre, nous regrettons la soudaineté avec laquelle vous avez décidé de fermer le refuge et la mise à l'écart de toutes les autres personnes impliquées dans le processus de décision.
Nous sommes conscients que l'organisation d'un refuge est une tâche délicate posant de nombreuses questions douloureuses, mais nous savons aussi que plusieurs paroisses se sont proposées pour l'accueillir. Des solutions peuvent certainement être trouvées, même pour des personnes qui ne sont pas hébergées dans un refuge. Mais elles nécessitent un engagement fort ; nous espérons vivement que les autorités des Eglises seront prêtes à y participer.
En espérant pouvoir nous associer à cette réflexion avec vous, et qu'en attendant vous autoriserez les paroisses volontaires à accueillir le refuge, nous vous prions de recevoir, Mesdames et Messieurs, l'expression de notre engagement solidaire

 Premières signatures:
Anne-Catherine Menétrey, anc. conseillère nationale
Jacques Neirynck, professeur, conseiller national
Raphaël Mahaim, député
Jean-Michel Dolivo, député
Sandrine Bavaud, députée
Michéle Gay-Vallotton, députée
Graziella de Coulon, co-présidente de Solidarité sans frontières
François de Vargas, ancien directeur d'institution
Myriam Schwab Ngamije, Centre social protestant VD

jeudi 20 janvier 2011

100 jours de refuge et une nouvelle expulsion


100 jours de refuge et une nouvelle expulsion

Mercredi 19 janvier, à 4 heures du matin, la police cantonale valaisanne est venue arrêter Mme F. à son domicile près de Sion. Cette femme avait fui le Kosovo en 2005 avec sa fille malade pour se protéger d’un mari violent. Malgré un suivi médical, elle avait dû faire face au décès de sa fille en mars 2010. Malheureusement, son fils Boris* venu du Kosovo en 2008 a été attribué au canton de Vaud, loin de Sion, et ne venait la voir que rarement car il n’avait pas d’argent pour prendre le train. Très attaché à sa petite soeur, mère et fils ont cependant continué à se soutenir mutuellement. Ce mercredi, Mme F venait de rentrer de l’hôpital où elle avait passé 2 semaines suite à un sérieux problème de santé. Elle était retournée dans son appartement où elle était suivie par une infirmière qui l'aidait à subvenir à ses besoins élémentaires (repas, hygiène). 

Boris est resté au refuge de la Coordination Asile à Lausanne durant 6 semaines, pour échapper au renvoi forcé dont les autorités le menaçaient. Lui aussi était malade et durant cette période, une demande de réexamen a été soumise aux autorités fédérales qui lui ont accordé début décembre un effet suspensif. Cela signifiait qu’ils ne l’expulseraient pas le temps de faire des examens médicaux complémentaires. Du coup, ce jeune homme de 23 ans a pu sortir du refuge et retourner dans les structures d’aide d’urgence**. Suivi médicalement, il commençait à espérer que le canton permettrait une réunification familiale avec sa mère, seule et souffrante, en attendant un rétablissement et une régularisation de leur situation.

Ce matin, sa vie s’arrête à nouveau. Sa mère n’a eu que le temps de prendre une valise puis a été amenée à l’aéroport. Affaiblie après sa longue maladie, elle a été emmenée de force par les policiers et s’est retrouvée à Pristina dans la journée. Jointe au téléphone par son fils Boris, elle raconte avoir été blessée à la jambe et au bras lors de l'intervention.



Se débarrasser des personnes indésirables

Si nous occupons des locaux d’églises, c’est justement pour nous dresser contre ce genre de pratiques que nous jugeons contraires aux droits humains. De nombreuses personnes ont été expulsées alors qu’elles tentaient de reconstruire une vie après un parcours difficile. Beaucoup sortaient de l’hôpital, ou étaient en traitement médical. Par ailleurs, la dernière personne qui est morte lors de son renvoi forcé sortait d’une grève de la faim, et a succombé sur le tarmac de l’aéroport de Kloten en mars 2010.

La machine à expulsion n’a ni œil ni oreilles. Il s’agit de faire du chiffre. Les nouvelles lois ont établi des critères pour avoir droit à l’asile qui nient la réalité des migrant-e-s. Ces durcissements ont dressé un mur de non-recevoir auquel se heurtent les requérant-e-s d’asile.

Il s’agit, afin de trier le bon grain de l’ivraie, de soupçonner plutôt que d’aider. Que cela soit pour les rentes AI ou les chômeurs, les lois tiennent pour acquis qu'une partie des gens abuse et qu’une autre petite partie est « authentiquement » dans son bon droit d’être aidée.

Ces procédés ont pour résultat de diviser les gens, entre les bons qui méritent et les autres qui abusent. C’est le discours populiste et manichéen que l’on entend de plus en plus au sein des partis institutionnels et des médias. Nous constatons chaque jour à quel point ces politiques sont absurdes et arbitraires. Au lieu de laisser les gens vivre normalement, on les enferme et les contrôle, ce qui coûte des sommes faramineuses, alors que la plupart de ces personnes pourraient être autonomes.



Des droits égaux  pour toutes et tous

Notre mouvement qui exige des droits égaux pour toutes et tous, quelle que soit la couleur de leur passeport, n’est qu’un grain de sable dans cette énorme machine à expulser ( expulser de notre travail, de notre appartement, de nos droits, et du pays où l’on vit).

Nous demandons d’abord une régularisation qui permettra de laisser vivre les gens en paix, sans la tutelle permanente d’un Etat qui contrôle et menace, qui arrête et détient, qui détruit la vie de milliers de gens. Comme dans les vieilles dictatures, faut-il attendre que des gens s’immolent par le feu pour que les autorités reviennent à la raison ?

* Prénom d’emprunt

** Dans le centre de Vennes, l’aide d’urgence consiste en un lit, une armoire, un sandwich à midi et un repas du soir. Les requérants déboutés n’ont pas le droit de travailler, ni de recevoir de l’argent (charité). Ils n’ont pas de pièce d’identité mais un papier blanc sans photo qu’ils doivent présenter aux autorités toutes les deux semaines. Ils ont le droit d’aller à la PMU pour des soins minimaux.


 

mardi 18 janvier 2011

La justice c'est plus que la légalité! Il y a 100 jours nous occupions les salles paroissiales de St-Jacques à Lausanne.










100 jours de refuge… et après ?

Cela fait 100 jours que des personnes déboutées de l'asile ont trouvé refuge dans des paroisses lausannoises, cherchant à se protéger d'une expulsion et à mettre en avant de nombreuses situations similaires vécues par des centaines de personnes qui vivent ici mais à qui les autorités refusent pour l'instant de donner un statut légal. 

Nous réclamons une entrée en matière sur ces dossiers, dans le but d'obtenir enfin des régularisations. Nous demandons aussi le retrait du régime d'aide d'urgence et le retour à l'aide sociale pour les débouté-e-s, le droit au travail et un moratoire sur les renvois.
Nous nous appuyons notamment sur l'exemple dit "des 523", puisque le refuge des années 2004-2005 avait permis de montrer une réalité méconnue de la population, et poussé les autorités à trouver des solutions humaines pour la quasi totalité des personnes concernées. Aujourd’hui, ces personnes à qui les autorités avaient pourtant juré qu’elles n’obtiendraient rien, ont enfin obtenu gain de cause.

Malheureusement, les temps ont changé et les lois discriminatoires ont progressé. Le sort des hommes, des femmes et des enfants qui subissent le régime contraignant et humiliant réservé aux réquérant-e-s d’asile débouté-e-s laisse de nombreux politicien-nes et médias totalement indifférents.


Une bataille contre l’indifférence, sœur de l’intolérance…

Aujourd’hui, nous ne savons toujours pas si les paroisses lausannoises vont continuer de nous soutenir, alors que nous avons plus que jamais besoin de continuer une lutte juste mais longue. Les deux personnes déboutées que nous soutenons restent menacées de renvoi. Elles n’ont toujours pas non plus d’assurance maladie, alors que le droit suisse l’exige. Les autorités vaudoises n’ont toujours pas donné suite à nos demandes pour une réintégration à l’assurance maladie, et encore moins pour la suspension des menaces de renvoi. Nous connaissons bien D. et T. et refusons d’accepter le traitement de parias que leur inflige le canton. Nous les soutiendrons le temps qu’il sera nécessaire à leur régularisation, ainsi que toutes celles et ceux dont la situation est similaire.

Heureusement, la paroisse St Esprit a accepté de nous ouvrir ses portes plus longtemps que prévu, et nous lui en sommes reconnaissant-e-s. Nous y sommes encore à l’heure actuelle, mais jusqu’à quand ? Malheureusement, notre combat avec l’administration vaudoise et bernoise prend du temps, et il faudra encore protéger les personnes en danger d’expulsion. Pour l’instant seul un jeune homme a gagné un répit et a pu sortir du refuge sans peur d’être expulsé. Aussi nous réitérons notre demande aux paroisses lausannoises de ne pas s’arrêter à des problèmes de logistiques (occupation des locaux), et les encourageons à faire un pas vers ceux et celles qui ont besoin d’être protégés et qui se battent pour leur dignité.

lundi 17 janvier 2011

29 janvier: de la solidarité!

Samedi 29 janvier 2011 sera l'occasion de faire des actions de solidarité concrètes et sympa.
Entre 12h et 20h, le collectif vaudois de soutien aux sans-papiers organise une journée à La Fraternité, en faveur de Mirta Palma. Cette Equatorienne a été renversée par une voiture en plein Lausanne en été 2009. Depuis, elle ne peut plus subvenir à ses besoins... et est menacée d'expulsion!
Voici le numéro de compte postal de Mirta pour ceux qui ne peuvent se rendre au repas de soutien mais qui souhaitent apporter une aide financière. No.10-168985-0
Mention solidarité


Et le 29 dès 20h, à l'Espace autogéré, rue césar roux 31, soirée de soutien au collectif Droit de rester et à son refuge, avec:
RAGGUMBIAMS reggae
ENTREE DE SECOURS ska-punk
HELVETICA MUSICA de Djembal-Kambala
TIGER’S VEGA “NOIR MAFIA” mixtape Hood Station

Bref, le 29 il y aura moyen de s'activer en s'amusant! Qu'on se le dise!

dimanche 16 janvier 2011

Droit de rester dans "de quoi j'me mêle"

Dans une émission consacrée à la désobéissance civile, le journaliste Christophe Canut revient sur l'engagement de Droit de rester. A écouter en ligne.

jeudi 13 janvier 2011

Droit de rester dans "Tout le monde il est beau"

Ce matin sur Couleur 3, Emilie présente le refuge dans l'émission "Tout le monde il est beau"
A réécouter en suivant en suivant ce lien: "Tout le monde il est beau".
Avec des témoignages intéressants. Pour une explication plus politique de notre démarche, lisez nos pages refuge!

Remarque sur le reportage: la journaliste parle d'un débouté qui aurait été "régularisé"... il s'agit de A. qui a obtenu un léger répit car il a été réintégré à l'aide d'urgence, ce régime qu'on dénonce comme inhumain. Il ne s'agit en aucun cas d'une régularisation mais la menace de renvoi a été levée pendant le recours. A. doit se rendre régulièrement au SPOP et au centre d'aide d'urgence de Vennes, il ne reçoit pas d'argent, alors que sa mère est gravement malade en Valais. Nous continuons de le soutenir au refuge.

mardi 11 janvier 2011

3 mois

3 mois dans quelques mètres carrés
Des rencontres toujours renouvelées.
Au matin, pour les repas
Des accompagnements, des confidences
Des impros et des dominos qui valsent

3 mois de douleur et d’espoirs
Des sourires échangés
Des frustrations cachées
Des textes discutés
Des lettres, des communiqués

3 mois de nous et de vous
Toutes et tous en réseau
En résonance aussi
Dans la résistance
Pour nos droits

3 mois et il en faudra
Pour avoir le droit de rester
Le droit d’être ensemble
Où bon nous semble
Contre des lois, on résistera

3 mois sans les médias
Sans juges ni policiers
Sans politiciens ni magiciens
Sans hiérarchie
A exister même occultés

On va continuer 
A exister Sans papiers
Et dans l’amitié
On luttera pour être enfin
Régularisé-e-s

concert de soutien 29 janvier


samedi 29 janvier 2011
Espace auto-géré césar roux 30 Lozane

Soirée de soutien au collectif Droit de rester

20h repas - 22h concert

RAGGUMBIAMS reggae
ENTREE DE SECOURS ska-punk
HELVETICA MUSICA de Djembal-Kambala
TIGER’S VEGA “NOIR MAFIA” mixtape Hood Station

La politique suisse va vers une suppression de l’asile, et la répression des migrant-e-s, pendant que l’économie suisse exploite ces gens et les pays d’où ils et elles viennent. Depuis le 11 octobre 2010, un refuge pour défendre les requérant-e-s d’asile menacé-e-s d’expulsion est ouvert par le collectif Droit de rester pour tou-te-s.

lundi 3 janvier 2011

Le SPOP

Avez-vous déjà été au SPOP ? Au service de la population du canton de Vaud qui est situé à l’avenue de Beaulieu 31 à Lausanne ?
Il y a quelques années, on avait le courage d’appeler un chat un chat, c'est-à-dire que cela s’appelait : Police des étrangers.
Aujourd’hui on nous fait croire - mais disons que c’est surtout pour les fonctionnaires qui y travaillent - qu’il s’agit d’un service à la population. Tout comme les policiers pensent qu’ils sont au service de la population, et bien celles et ceux qui sont chargé-e-s de contrôler et houspiller les étrangers, sont à leur service. 
Vous entrez donc dans un hall, accueillis par un gentil monsieur securitas (oui, cette entreprise qui espionne les militant-e-s pour le compte de Nestlé et autres grandes compagnies), qui vous demande votre identité si vous voulez aller au secteur asile. Il appuie ensuite sur un bouton pour que la porte s’ouvre. La salle d’attente s’ouvre alors comme par magie. Quatre bancs, sans dossiers, sont là, face à un guichet. L’ambiance est délicieusement raffinée. Après avoir donné votre identité à la personne du guichet, vous attendez d’être appelé-e dans une cabine à entretien de l’autre côté d’une porte. 
Souvent, de nombreuses personnes sont assises là, à attendre, transpirant la peur et l’angoisse. En effet, la personne derrière le guichet est souvent chargée de vous rappeler votre « devoir accru de collaboration », qui fait de vous donc une personne sans droit puisqu’elle doit avant tout collaborer avec les autorités –notamment en vue de son expulsion. Cette personne qui travaillera pour le secteur « départ » vous rappellera que ni vous, ni vos enfants, ni votre partenaire n’ont de raison de rester ici, puisque les autorités ont jugé que le séjour était illégal. Cette gentille dame ou ce charmant homme se chargera de vous répéter que vous devez partir, que dorénavant on pourra envoyer la police vous arrêter n’importe où et n’importe quand, même devant vos enfants, même si vous êtes mineur-e.
Après, vous sortirez avec une envie de fuir et de ne jamais revenir dans cette salle de torture. Hélas, trois fois hélas, vous êtes justement convoqué-e à nouveau dans 10 jours. Et gare à vous si vous ne vous présentez pas, car alors vous serez considéré-e comme disparu-e et donc sans aucune possibilité de faire valoir vos droits (assurance maladie, logement d’aide d’urgence).
Voilà, donc des gens charmants, souvent d’origine étrangère, qui sont chargés de participer à un système d’oppression et de déshumanisation, décidant que certaines personnes n’ont pas de droits, et doivent simplement se soumettre. Plier l’échine, aller en prison, puis être expulsées de force. Tout cela « c’est pour ton bien mon chéri… tu seras mieux dans ton pays que tu as quitté depuis si longtemps et où tu n’as plus rien… »
Et qui paie ces gens ? Mes impôts et les vôtres bien sûr, ceux des personnes torturées surtout vu qu’ils sont déduits directement de leur revenu (impôt à la source + 10% pour les requérants d’asile en vue des frais de dossier).
Magnifique machine à la mécanique imparable…
Heureusement, certaines personnes jouent encore le rôle du grain de sable…. Mais jusqu’à quand ? Et à quel prix ?