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lundi 28 avril 2014

Sahiba et ses enfants ont faim et froid en France, jusqu’à l’épuisement

28 avril 2014  Sahiba, originaire d’un pays en guerre, a déposé une demande d’asile en Norvège mais elle a été renvoyée avec ses enfants en France, le 6 décembre 2013, en application des accords de Dublin. Ses enfants sont âgés de 13, 9, 7 et 3 ans. A l’aéroport de Paris, l’organisation de la Croix-Rouge les a conduits à un hôtel où la famille pouvait rester pour trois nuits. Dans cet hôtel, il n’était pas possible de faire la cuisine et on ne leur donnait rien à manger. La famille n’avait reçu aucune aide en espèces. Madame avait quelques euros sur elle et elle n’a pu acheter que quelques biscuits et du pain, et c’est tout ce qu’ils ont pu manger pendant 6 jours. Elle devait rationner ses enfants qui avaient faim. Au bout de trois jours, ils ont dû quitter l’hôtel avec leurs valises et la famille s’est retrouvée dans la rue sans savoir où aller. La Croix-Rouge leur avait donné le n°115 à appeler, ce que Sahiba a fait. Après plusieurs téléphones, elle a fini par obtenir une prolongation de trois nuits dans le même hôtel, toujours sans aucune aide alimentaire ou en argent. Trois jours plus tard, la famille s’est de nouveau retrouvée à la rue, le ventre vide. Sahiba a essayé désespérément de contacter le n°115 mais personne ne répondait. Les enfants pleuraient et il faisait très froid. Elle n’avait aucune idée où aller. Ils sont restés assis dans un endroit avec leurs bagages. Des gens les ont vus et leur ont demandé ce qu’ils faisaient là et quelqu’un leur a dit qu’ils devaient aller dans une autre région. Ils lui ont donné de l’argent pour prendre le train. La famille est partie pour cette région. Sahiba ne se souvient pas du nom. Arrivés là, elle a demandé son chemin et on l’a adressée à un endroit pour les demandeurs d’asile, où ils pouvaient passer la nuit, qui ressemblait à une école désaffectée. Il n’y avait pas de douche, ni de chauffage. La famille s’est retrouvée dans une petite chambre de 15 personnes, essentiellement des hommes. A 7 heures du matin, ils devaient quitter le lieu avec tous leurs bagages. Ils devaient ensuite marcher pendant toute la matinée pour rejoindre un autre endroit où on leur distribuait un repas par personne. Les enfants devaient porter les bagages trop lourds pour eux. La mère devait porter le plus jeune de ses enfants. Il pleuvait et il faisait froid. La famille n’avait pas assez de rechanges et ils devaient porter leurs habits mouillés par la pluie, qui ne séchaient pas pendant la nuit. Ils ne recevaient pas un repas chaque jour parce que, épuisés et engourdis par le froid, les enfants avançaient difficilement. Il leur arrivait d’être en retard au point de distribution du repas, auquel cas, ils ne recevaient rien. Ils restaient alors sans manger, éreintés et frigorifiés, obligés de retourner à l’abri de nuit et de marcher des heures à nouveau en portant les bagages. Sahiba s’est rendue à la Préfecture où on lui a dit qu’elle devait attendre trois mois avant d’obtenir un rendez-vous. On l’a laissée sans aucun document et sans aucune aide. Un des enfants est tombé malade. Sahiba ne savait pas comment accéder aux soins médicaux.

A son arrivée en Suisse, l’enfant de 3 ans pensait 11 kg. L’enfant de 9 ans est resté choqué de cette expérience. Il peine à suivre à l’école. Il s’énerve facilement et il pleure souvent. Un suivi pédopsychiatrique a dû être mis en place. Sahiba, qui a craint pour la santé et la vie de ses enfants, et qui a dû les voir endurer la faim, la fatigue et le froid, ainsi que des conditions de vie extrêmes, pratiquement à la rue, est également en état de choc. Elle suit une psychothérapie de soutien. Elle perd la mémoire. Elle ne se souvient pas de ses rendez-vous. Des fois, elle se lève la nuit pour aller vérifier que ses enfants sont bien là. Elle a peur de se déplacer toute seule dans la rue.


Sur ces faits, l’ODM a ordonné l’exécution du renvoi de la famille en France, en application des accords de Dublin. Aucune prise en charge appropriée de la famille dans le pays de destination n’a été organisée, de sorte que c’est de nouveau vers l’inconnu, dans des conditions dangereuses pour la vie et la santé des membres de la famille, que le renvoi risque d’être exécuté, selon une politique de l’autruche.

mercredi 23 avril 2014

"Voix d'Exils, un autre regard sur l'asile en Suisse"

Un documentaire bien fait qui donne en 8 minutes un aperçu du média Voix d'Exils. A voir en français ou en anglais.

A visionner en français:






Et en anglais:




Lire l'article sur le blog de Voix d'exils.

mercredi 9 avril 2014

Une famille avec quatre enfants laissée à la rue par le SPOP

7 avril 2014  C’est en leur remettant un formulaire, rédigé en serbo-croate, leur expliquant que selon le nouvel article 111a de la loi sur l’asile, les demandeurs d’asile doivent expliquer leurs motifs par écrit et les adresser à l’Office fédéral des migrations, que le SPOP a refoulé à la rue une famille comprenant 4 enfants, sans aucun secours. On leur a refusé l’octroi du minimum vital auquel ils ont pourtant droit en vertu de l’article 12 de la Constitution fédéral, garantissant que nul ne doit être abandonné à son propre sort qui n’a pas les moyens de seulement se nourrir. La famille provenait du centre d’enregistrement de Bâle, où déjà on les réveillait à 6 heures du matin avec injonction, après le petit déjeuner, de quitter le centre jusqu’à l’heure du repas à 13 heures. Ils passaient ainsi leurs journées dans la rue avec leurs enfants. Le jour de leur transfert sur le canton de Vaud, ils n’ont rien reçu d’autre que le petit déjeuner et un billet de train, et en fin d’après-midi, les enfants et leurs parents n’avaient rien mangé d’autre. L’un des enfants est diabétique et risquait de tomber dans le coma par hypoglycémie.

Laisser une famille à la rue, sans logement, sans nourriture, sans aucun secours ni aucun soin, est une forme de torture, une humiliation et un mépris des gens relevant de la discrimination et du dénigrement. L’autorité cantonale a ainsi délibérément rabaissé ces gens en leur refusant l’accès au minimum vital, leur signifiant ainsi leur inutilité, l’inutilité de leur existence ou leur niant toute espèce de valeur. L’abandon à l’état de mendicité des personnes demandant de l’aide est acte de déni d’humanité, d’exclusion absolue de la collectivité, fondamentalement contraire à tout droit humain.