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lundi 12 avril 2010

Appel à une manifestation de deuil, samedi 17 avril 2010, Berne

Lettre ouverte au Conseil fédéral et Appel à une manifestation de deuil le samedi 17 avril 2010 de 18 h 00 à 19 h 00 à la Heiliggeistkirche à Berne 
en mémoire de Joseph Ndukaku Chiakwa ainsi que de Samson Chukwu et de Khaled Abuzarifa décédés lors d’expulsions forcées hors du territoire suisse 

Le 17 avril 2010, de 18 h 00 à 19 h 00, trente jours après la mort de Joseph Ndukaku Chiakwa, une manifestation de deuil se tiendra à la Heiliggeistkirche, Berne. Elle exprimera la solidarité avec la famille du disparu et avec les autres victimes de la politique suisse actuellement menée dans le domaine de l’asile et envers les étrangers. Ce rassemblement en appellera à la coresponsabilité de tous et de toutes en matière de décision politique et d’application des décisions. Celui ou celle qui ne pourra pas se rendre à Berne est invité/e à s’associer à la cérémonie en écoutant une œuvre musicale de son choix. La raison de cette manifestation fait l’objet de la lettre adressée au Conseil fédéral et signée par des personnalités respectées, dont la conscience reste vigilante. 
La manifestation bernoise invite à la fois au deuil et à la protestation politique contre la violence croissante qui se manifeste dans les procédures concernant l’asile. Joseph Ndukaku Chiakwa, requérant d’asile de 29 ans, est mort le 17 mars 2010 dans un hangar de l’aéroport de Kloten, mains et pieds ligotés, la tête entièrement enveloppée d’un filet d’apiculteur. Il avait fui sa patrie, le Nigeria, et sollicité la protection de la Suisse, qui a rejeté sa demande d’asile. Il refusait d’être renvoyé de force là où il ne pouvait pas vivre. 
La mort de Joseph Ndukaku Chiakwa été précédée, le 1 er mai 2001, à deux heures du matin, par le décès de Samson Chukwu. Ce jeune homme de 27 ans, également nigérian, est mort dans une cellule d’expulsion du Canton du Valais lorsque deux policiers l’ont ligoté pour le transporter et procéder à son expulsion forcée. Le 3 mars 1999 mourait étouffé, dans de grandes souffrances, lors d’une deuxième tentative d’expulsion forcée, le Palestinien Khaled Abuzarifa, 27 ans, pieds et mains liés, la bouche maintenue fermée par une bande collante. 
Les mesures d’expulsion forcée sont inhumaines. Elles sont appliquées par des fonctionnaires en uniforme qui utilisent la violence brutale contre des personnes sans défense. En 2009, on a compté 360 cas d’expulsion forcée. Au cours des trois premiers mois de 2010, nous relevons 27 cas. La violence, telle qu’elle est utilisée dans le cadre du droit suisse d’asile et du droit des étrangers, est une grossière atteinte aux droits humains et une injustice insupportable. 
La vie de tout être humain est intangible, quels que soient son origine, sa religion, la couleur de sa peau et son statut social. La Suisse doit cesser de fermer les yeux et les oreilles devant le fait qu’elle est devenue un Etat usant de violence envers des étrangers traités comme des ennemis. Le respect de sa propre constitution inclut le respect de tout être humain. Aucune disposition légale, aucun agent de la fonction publique, personne ne saurait ignorer ce qui a été reconnu comme une norme par l’Etat et par le droit international. 
Nous pleurons les morts. Des sentiments de honte et d’horreur nous saisissent. Nous
exhortons le Conseil fédéral à procéder à une révision du droit d’asile et des étrangers qui corresponde à la norme du droit constitutionnel. Aucune loi dont les conditions et les conséquences pourraient devenir intolérables ne doit être édictée et appliquée à 
l’encontre des étrangers. L’injustice ne doit pas passer pour la justice, le non-droit ne doit pas être le droit. 

Observatoire suisse du droit d’asile et des étrangers - Solidarité sans frontières –
Société pour les peuples menacés – Nigerian Dispora Organisation




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