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mardi 26 novembre 2013

Jeune femme menacée de renvoi en Hongrie


7 novembre 2013  Sonia est une jeune femme kosovare qui a demandé l’asile en Suisse. L’ODM a décidé qu’elle sera renvoyée en Hongrie, pays par lequel elle a transité. Elle raconte son passage en Hongrie :
J’ai été arrêtée à la frontière. Les gardes m’ont conduite dans un centre de détention où j’ai été fouillée. J’ai été complètement déshabillée pour la fouille ce qui était humiliant et terrorisant. Ensuite, j’ai été enfermée dans une cellule avec une vingtaine d’autres femmes. On ne m’a pratiquement rien donné à mangé pendant 24 heures, seulement un peu de pain. Il fallait supplier et crier pour pouvoir se rendre aux toilettes. Les matelas étaient posés directement par terre, sans draps ni couvertures. Il faisait très froid. Le lendemain on m’a amenée dans un centre surveillé, dans les mêmes conditions, dans une grande pièce sans commodités aucune, où on ne m’a donné qu’une fois un peu de pain à manger en tout et pour tout. J’ai prétexté vouloir aller faire une course et les gardiens m’ont laissée sortir. Je me suis enfuie avec une famille en abandonnant mes affaires dans ce centre.

En Hongrie, les conditions d’accueil des demandeurs d’asile sont en-dessous des normes minimales. La loi prévoit de nombreux motifs de détention des requérants d’asile et la détention est prononcée de manière quasi-automatique pour 6 mois. Il n’y a pas de voie de recours indépendante. Les centres sont surpeuplés (celui de Debrecen accueille plus de 1'300 personnes), infestés par la vermine et les conditions d’hygiène sont déplorables. (cf. Hungarian Helsinki Committee, Brief Information Note on The Main Asylum-Related Legal Changes in Hungary as of 1 July 2013, en ligne)

Nous sommes inquiets de la décision de l’ODM de renvoyer Sonia en Hongrie. Elle est une jeune femme à la santé psychique fragile. Elle n’a aucune famille ni aucun soutien là-bas, et le risque de prostitution forcée est très élevé compte tenu des trafics importants qui sévissent dans toute la région, de son origine kosovare et de l’absence totale de protection pour elle sur place. Elle n’a jamais vécu en Hongrie. Elle est susceptible de se retrouver là-bas dans une situation d’extrême vulnérabilité et d’abus.

Le SPOP, à qui cette situation a été dûment signalée, notamment par le médecin psychiatre qui suit la jeune femme, la menace d’appeler les policiers pour qu’ils aillent la chercher à son domicile et la renvoient de force. Elle vit dans la peur. Ces menaces sont lourdes compte tenu de l’insécurité dans laquelle Sonia se retrouverait si elle était renvoyée en Hongrie.

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