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vendredi 12 septembre 2014

Stop Bunker!

Nous avons fui l’Erythrée pour échapper à de graves persécutions en espérant pouvoir ensuite avoir une vie paisible, travailler, vivre en famille. Nous avons accompli un voyage long et dangereux pour arriver en Suisse. Nous étions tous heureux d’être arrivés dans ce pays dont nous connaissions la tradition d’accueil et d’humanisme. Lorsque nous avons été attribués au canton de Vaud nous avons été hébergés dans des abris de protection civile.
Les conditions de vie dans ces bunkers sont pratiquement insupportables : Nous manquons de sommeil, il est impossible de s’y reposer. Nous n’y sommes pas en sécurité et nous ne pouvons nous y nourrir normalement.
Nous appelons les autorités politiques vaudoises à tout mettre en œuvre pour mettre fin dès que possible à l’hébergement de migrants en abris de protection civile.
Dans cette attente, nous avons transmis à l’EVAM (Etablissement Vaudois d’Accueil des Migrants) des propositions de mesures permettant de rendre notre hébergement en abris d’avantage supportable :
·       Ouverture des abris 24h/24 pour que nous puissions y rester nous reposer si nous sommes malades ou fatigués.
·       Moins de personnes hébergées dans le même bunker. Nous voulons habiter avec des personnes qui, comme nous, cherchent à vivre paisiblement.
·       La possibilité de cuisiner dans le bunker. Nous voulons pouvoir préparer et choisir nous-mêmes notre nourriture.
A ce jour, si la direction de l’EVAM a pris note de nos demandes, elle n’a donné aucune réponse concrète.
Nous appelons les autorités politiques vaudoises à faire pression sur la direction de l’EVAM pour que soient immédiatement mises en place des mesures améliorant drastiquement les conditions d’hébergement en abris PC.

Des migrants hébergés en abris PC dans le canton de Vaud, avec le soutien de Droit de rester

J’ai été emprisonné 6 mois en Erythrée. Ils m’ont torturé avec de l’électricité parce que je refusais de faire mon service militaire. Dans mon pays, on ne sait jamais quand ça va finir, ça peut durer toute la vie. Ma famille a dû payer beaucoup d’argent pour me faire sortir. J’ai pu fuir par le Soudan. Des passeurs m’ont abandonné dans le désert, je n’avais que très peu d’eau et j’ai cru mourir de soif. En Lybie, des gens m’ont fait payer très cher un passage en bateau en nous disant qu’il y avait de l’eau et de la nourriture à bord. Mais il n’y avait rien. Je suis resté presque trois jours en mer sans boire ni manger avant d’arriver en Italie. Des Italiens nous ont dit qu’on ne nous aiderait pas ici et de partir au Nord. Cela fait maintenant neuf mois que je suis logé dans un abri de protection civile de la région lausannoise. Je n’arrive pas à dormir la nuit, il y a toujours du bruit et la gale me démange terriblement. Je l’ai attrapée en Lybie, on m’a soigné, mais comme le bunker est très sale, je l’ai attrapée de nouveau. La nuit dans ma tête je n’arrête pas de penser à la prison et au désert. Je me sens très mal. Tous les matins, le samedi et le dimanche aussi, on nous réveille vers 7h.30. Le pire c’est quand je réussis à m’endormir juste avant. 
Efrem*, 19 ans

Je suis parvenu à déserter l’armée érythréenne et à fuir au Soudan, en laissant ma femme et mes deux enfants. Des hommes armés m’ont capturé. J’ai essayé de fuir, mais j’ai reçu une balle dans la jambe. Ma famille a dû payer beaucoup d’argent pour me libérer. En Lybie j’ai trouvé un bateau pour l’Europe. Il y avait beaucoup trop de gens sur le bateau et pas assez à boire. Certains sont tombés à l’eau durant le trajet et se sont noyés. En Italie il n’y a presque rien. Souvent on dort dans la rue. Alors je suis venu en Suisse. Cela fait une année que je suis dans un bunker. Tous les jours le personnel de l’EVAM nous dit de sortir du bunker. Si on a pas l’école on peut aller à la structure de jour. Il faut marcher et ma jambe me fait mal. Cela met très longtemps pour voir un docteur. Une fois je suis tombé malade. Je vomissais et j’avais la diarrhée. J’aurais voulu manger juste une soupe ou un fruit, mais tous les jours je reçois les mêmes sandwich et plats tout préparés à réchauffer au micro-onde. L’hiver passé, je me suis acheté une veste chaude. On a forcé mon armoire dans le bunker et on me l’a volée. J’envoie presque tout l’argent que je reçois de l’EVAM à ma famille et je ne sais pas comment en acheter une autre. Souvent la nuit, il y a des bagarres dans le bunker. Plusieurs de mes amis se sont fait frapper. J’ai peur pour moi et ma famille.
Ammanuel*, 33 ans

distribué le 9.9.14


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